16 novembre 2009
CARROUSEL
Un automne mouillé rôde sur les rues.
Tournez le coin : le vent y est
Il jette au visage feuilles et parfums.
Vous allez. La place vous attend
Plantée d’un carrousel
Qui s’enrhume sous la pluie.
Le toit penché ruisselle
La musique berce le crépuscule
Qui déjà sent décembre
Un enfant seul vit son épopée
Dans un avion d’argent
Et dans les flaque d’eau
Se dessine votre ombre
Un homme passa.
Ses cheveux roux dans le vent
Lui faisaient une auréole
Il était joyeux puisqu’il sifflait
Sous la pluie.
Vous l’avez peut-être vu.
Moi qui l’ai rencontré
J’ai répondu à son sourire
Et nous sommes partis
Par nos routes qui se tournaient le dos.
LORRAINE
14 novembre 2009
BLUES
Deux angelots de
porcelaine
Jouent du flûteau
sur mon bahut
Ils composent à
perdre haleine
La complainte du
temps perdu.
Je les entends
dans le silence
Fredonner le
refrain ténu
Qui s’apparente à
une danse
Du pays d’où ils
sont issus.
Nul n’en sait
rien, mais moi je pense
Qu’ils
s’envolent, le soir venu,
Chanter, dans le ciel noir immense
De très vieux airs
que j’ai connus.
C’est surtout
quand j’ai de la peine
Que leur rondeau
est bienvenu.
Il me console et
il m’entraîne
Dans mes souvenirs
éperdus.
Puissions, quand le chagrin élance
Le cœur de ses
assauts pointus
Retrouver la douce
romance
Des angelots qui
se sont tus.
LORRAINE

Photo MVH (Palais de Versailles)
13 novembre 2009
BONJOUR, RITA (Suite)
Dès que la grossesse de Rita fut évidente, une question s’était posée : « Qu’allait-on faire des jeunes ? » ; Ce fut vite tranché : nous les donnerions. A qui ? Ca !.. « Qui veut peut », dit-on. Maurice rédigea une affichette affriolante pour la devanture du libraire ; le laitier, dûment averti, releva sa casquette sur le front, réfléchit un instant et assura : « J’ai peut-être ce qu’il vous faut ». Je vous en reparlerai ». J’en touchai un mot à mes amies, mais sans succès. Maurice entreprit ses collègues mais nu ne sembla se soucier d’adopter un chaton. Nous avions deux mois pour leur trouver une famille.
Deux
mois pendant lesquels ils grandirent, grossirent, sortirent de leur panier la
tête la première, rampèrent sur le ventre en catimini, le regard fixe, la queue frémissante, à l’affût du frérot
qui passe par là, fréquentèrent consciencieusement leur litière comme Rita le
leur avait appris dès leur naissance. Il y en avait partout de ces chatons se
roulant en bataille fictive jusque sous nos pieds, suspendus aux brise-vues de
la cuisine
avec des miaulements de triomphe, accrochés au couvre-lit dans la
chambre, escaladant les dominé, paixescaliers, buvant les pattes dans la soucoupe sous
l’œil compréhensif de leur mère. Deux mois épuisants mais gais, au cours
desquels nous observâmes le dominant et le dominé, le premier toisant l’autre
de sa puissance, le second, bonasse, souhaitant simplement la paix.
Arriva enfin l’âge prévu pour les sevrer et les donner à leur futur maître. Une petite fille et sa maman répondant à l’annonce du libraire vinrent choisir le plus gros ; le laitier emporta le plus doux pour une cliente âgée à qui il tiendrait compagnie. Maurice emporta tant bien que mal le troisième pour la femme de ménage du « Face-à-Main ». Ils partirent ainsi vers leur destin, nous laissant désemparés et un peu tristes. Rita chercha vaguement dans les coins, miaulant plus par perplexité que par chagrin. Elle avait été une bonne mère, mais ils commençaient à la fatiguer et elle les renvoyait quelquefois d’une chiquenaude à leurs jeux d’enfants, pour s’en aller dans le soleil de juin vivre sa vie de rôdeuse indépendante.
Quand Rita eut sa deuxième portée, nous reprîmes nos investigations. Cette fois, outre deux noirauds tachetés de blanc, elle mit au monde un superbe tigré, le plus matois, le plus agile de tous, usant de la voix et des griffes pour obtenir ce qu’il voulait, exigeant, poussant ses frères, toujours le premier à téter, le premier aussi à escalader les barreaux des chaises et à se retrouver sur la table. Ce petit démon était si attachant que je pensai un moment à le garder. Un menuisier qui disposait d’un grand atelier emmena deux chatons à la fois : « Ils chasseront les souris » dit-il. J’espérais que personne ne réclamerait le troisième, quand un jeune voisin de maman qui allait ouvrir un magasin de tabac se présenta. Nous le connaissions bien, il était doux, aimable et il adopta le tigré de tout son cœur.
Maurice fut plutôt satisfait de retrouver la paix chez lui. Et Rita resta comme toujours, accueillante et oublieuse déjà de ses enfants dispersés.
Quelques mois plus tard, passant devant le magasin de tabac, nous sommes entrés. Sur le comptoir, immobile comme un sphinx debout, un magnifique chat aux yeux verts toisait la clientèle. Il avait perdu son air mutin, conscient de sa beauté de chat de gouttière, il s’était bâti une petite vie enre son maître et la boutique.
- Comment s’appelle-t-il ?
-Tigra…Car c’est une fille.
C’était aussi, à l’époque, une marque de cigarette ! Tigra s’avança délicatement sur le comptoir, posa sa tête sur la joue de son maître et lui donna un coup de sa langue râpeuse en ronronnant d’affection. Les chats des autres ont aussi leur histoire. Ici, manifestement, c’était une histoire d’amour.
PASSANTE (A suivre)
12 novembre 2009
TAGGGGGGGGGGGGS
AWESOME BLOGGER
Un grand merci à Fabeli qui, depuis son blog "'FABELIRE" me décerne un "awesome blogger". C'est avec plaisir que je respecte les conditions du jeu dont voici les règles:
- Remercier celui qui l'a donné
- Copier l'awar
- Le poster sur son blog 
- Dire 7 choses que les lecteurs ne savent pas sur soi
- Mettre les liens de 7 bloggueurs
- Les prévenir qu'ils ont gagné un award
Qu'ignorez-vous encore de moi? Je cherche...et je trouve:
- J'ai les yeux verts
- J'écris mes poèmes dans mon lit
- Je n'écris jamais en musique, elle me distrait
- Je joue au whist avec mes amies
- je n'aime pas l'avion
- Je ne suis pas gourmande
- J'adore danser (même à mon âge!)
A mon tour de désigner 7 blogs pour
AWESOME BLOGGER
Je crie, j'écris
Le blog de Tilleul
Bribes de vie
Au soleil de ma vie
Etats d'âme
Chat persan Tibili
Motspourmaux
Bonne journée à tous!
PASSANTE
10 novembre 2009
BONJOUR, RITA (SUITE)
Avait-elle besoin de partir neuf jours pour nous ramener trois chatons noirs éclairés de banc, exactement comme le prénommé Minou, leur père vraisemblablement ! Comment ils se sont rencontrés ? Comment, par-delà les murs hauts, les portes fermées, les autres matous rôdant et grondant, comment ont-ils fait pour se rejoindre ? Mystère de l’amour ? Choix délibéré ? Hasard ?
Rita et Minou sont un couple désormais séparé, qui s’ignore. Elle repart encore, furtivement, humer l’air du dehors, me laissant la garde des chatons qui dorment, enlacés ou s’empoignent déjà en de joyeuses bagarres. Mais elle revient vite, les flaire et les retrouve.
Les
chattes, dit-on, cherchent la sécurité pour leurs petits. Rita n’avait-elle pas
trouvé la sienne dans son panier habituel ? Il paraît que le déménagement des jeunes est un acte hérité
de la vie sauvage. Quoi qu’il en soit, rentrant un après-midi après le bureau,
j’aperçus la porte du buffet entrouverte par une patte adroite et, sur le tas
de serviettes de table, Rita et sa famille. Je les retirai doucement et les
reposai en expliquant bien à la chatte que le nouveau coussin rouge placé dans
sa couche était une gâterie plus confortable que mon vieux pull roulé en boule.
Elle parut comprendre. Mais, le lendemain, rentrant à la même heure, je la
surpris dans un exercice périlleux : comme elle avait coutume de le faire en temps ordinaire, elle sautait de
la cuisine sur la véranda et de la véranda à l’appui de fenêtre de la chambre.
Seulement, cette fois, elle transportait dans ses mâchoires, avec douceur
et
par la peau du cou, son troisième nouveau-né. Comme en léthargie, il se
laissait faire et pendouillait passivement.
Je courus à la chambre : elle avait installé la nichée sur la descente de lit et les réunissant autour d’elle, en bonne nourrice, les allaitait pour les remettre de leurs émotions. A tout hasard, espérant lui faire plaisir et cesser ces pérégrinations, j’ai enlevé le coussin rouge du panier et remis à sa place le vieux pull que j’avais remplacé par des linges avant la naissance afin d’éviter les souillures. Rita, satisfaite, n’a plus cherché un autre nid.
Elle repartit un soir d’été tout baigné de parfums, reparut quinze jours plus tard, tout en carcasse, sale, les flancs crottés, mais n’ayant oublié ni le chemin de notre maison ni son cri d’appel devant la fenêtre que je lui ouvris, le cœur étreint d’émotion. Sa troisième escapade ne nous la rendit plus. J’imagine que, partie trop loin à la recherche du Prince Charmant, elle s’égara.
Quand j’entends dire que le chat ne s’attache pas à ses maîtres, je revois la petite bête douce et silencieuse qui égayait notre maison et j’ai pour elle la pensée chaleureuse que l’on réserve à l’amie disparue à jamais.
PASSANTE (A suivre)
09 novembre 2009
THEO

Entendez-vous mon arrière-petit-fils? Il fredonne :"Au bois, Joliette, au bois je m'en vais. Cueillir des violettes, et puis je reviendrai"...
Vous dites que ce sont des refrains d'arrière-grand'mère?..Eh bien, vous avez raison!
PASSANTE
ALLONS VOIR SI LE VIN EST BON...
Quand je lis la plaisante affirmation de Reynard :
« Je sirote mon vin, quel qu’il soit, vieux, nouveau
« Je fais rubis sur l’ongle et n’y mets jamais d’eau »…
l’esprit de Bacchus me visite, gai, chaleureux, bon enfant et je me sens toute réjouie. Je pourrais exalter la dive bouteille et pour peu, pastichant les gourmets du XVIè siècle, m’écrier : « La peste soit des buveurs d’eau ! ». Je pourrais encore rappeler Musset : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! » ou bien « Mon verre est petit mais je bois dans mon verre ! ».
Non,
je n’en dirai rien. Je tairai le Moselle qui rend joyeux,
le bourgogne bavard,
le champagne étourdi. Ce prince de la table, le bordeaux, qui anime les plus
ennuyeux dîners de famille, nous n’en parlerons ni de son page le vin d’Alsace
dont les souvenirs nous tournent la tête.
Un doigt de muscat nous rendrait nostalgique ; dans ce flacon-ci dort un peu de rêve ; une danse s’agite au fond de celui-là. Son reflet diapré ressemble à de l’or clair et le glou-glou a bien de l’esprit pour qui sait juste à temps arrêter son épanchement.
Non, nous ne chanterons pas le vin, ni le Beaune, ni l’Anjou et si Baudelaire a proclamé :
« Le vin roule de l’or, éblouissant Pactole », ce n’est pas notre faute…
PASSANTE
07 novembre 2009
PAROLE
Une parole légère avance à toute voile,
Plume soufflée du bout des lèvres.
Où vas-tu ? Qui te recueilles ?
Tu volètes emportée par la joie
Jusqu’au clocher pointu sur la place de
l’église.
Vas-tu, brusquement, en
plein après-midi
Lancer au monde cette incroyable
nouvelle :
« Je suis heureux » ?
« Heureux ? »diront-ils,
Qui a la prétention de l’être ? Qui a osé ? 
Le bon sens l’interdit. Heureux !
Et pourquoi, je vous prie ? »
Heureux tout simplement,
Dans un univers fou qui a oublié de vivre
Heureux d’être, sans raison, sans argent,
06 novembre 2009
BONJOUR, RITA! (suite)
Mars nous réserve une surprise, il neige si fort que, frileuse, je n'ai pas osé ouvrir la fenêtre. Tous ces arbustes qui ressemblent à des pêchers en fleurs! Rita, derrière la vitre, n'en revient pas. Elle lève haut son nez rose, suit avec intérêt la chute des flocons, applique une patte hésitante sur le carreau et, penaude, me regarde, interrogative.
Je m'étais mise à l'écriture depuis quelques mois. J'écrivais des nouvelles, histoires d'amour romancées que j'envoyais, le coeur battant, à des magazines féminins. La chance m'a souri. Coup sur coup, une revue en accepta deux; une autre me demanda d'urgence un conte pour Pâques. Je me sentais pleine d'invention et l'impression naissait qu'au bout de ma plume, il y avait peut-être pour moi une promesse d'avenir. Je continuais néanmoins des intérims de secrétariat dans la journée et retrouvais le soir, avec plaisir, le petit secrétaire sans style qui, depuis peu, enrichissait notre mobilier.
Rita aime les paperasses, surtout depuis sa fugue. Je la trouve plus casanière, plus paresseuse, s'installant sur les pages avec conviction et désinvolture. Là, couchée sur le côté, elle se lisse longuement les moustaches, passe sa langue rose sur son poil noir et s'arrête net, choquée, si d'aventure je veux la déloger.
Un matin, elle partit en promenade. Je la revois, un peu alourdie, ne me méprenant pas sur cet embonpoint naissant. Mars alternait les flocons de neige et les rayons de soleil. Partie dans la lumière, c'est précipitamment et avec inquiétude qu'elle accourt vers la maison au moment de la première giboulée.
Elle miaule fort, car je l'entends depuis la pièce où je travaille. J'arrive. La peureuse est sur la véranda inclinée et tente en vain d'arriver au sommet. Ses pattes de velours glissent, la neige recouvre la surface vitrée, elle ne peut rejoindre ni l'appui de fenêtre de la cuisine ni, d'autant moins, celui de la chambre à coucher un demi-étage plus haut. Que faire? Lui donner un relais, bien sûr! Par la fenêtre grande ouverte je hisse d'abord et descends ensuite jusqu'à la véranda une chaise solide. Rita n'a plus qu'à sauter dessus sans difficulté et je la ramène comme en ascenseur, jusqu'à l'appartement où elle s'ébroue.
Le premier avril est un jour de surprise, tout le monde le sait. Maurice, descendu le premier, vient me chercher.
"Je crois que les petits vont naître, dit-il. Rita est drôle. Tu devrais venir..."
Il est mal à l'aise. Ses yeux perplexes, prêts à se détourner par pudeur ou par gène, regardent la petite chatte manifestement en proie à la gésine. Couchée dans son panier, pattes raidies, elle miaule: un miaulement qui ressemble à un appel et dès que je m'accroupis, elle relève la tête, la pousse fièvreusement sous ma main, je la caresse; elle ronronne (un ronronnement d'affection et de souffrance mélangées). Elle a le nez chaud, les pattes brûlantes, elle me réclame. Je reste là, tandis que Maurice part pour le bureau et je l'assiste de mots qu'elle comprend, j'en suis sûre. Elle boit le lait que je lui tends dans une soucoupe.
Ayant mis bas un de ses petits, elle viendra me rappeler à l'ordre, parce que je me suis éloignée un instant; j'avais besoin d'une tasse de café pour remplir jusqu'au bout mon rôle d'amie fidèle et présente.
Quand Maurice rentre à midi, ils sont là, tous les trois, nouveaux-nés aveugles et sourds, à la bonne petite bouille ronde, les oreilles encore pliées comme de délicats pétales, retournés par la langue vive de leur maman. Les yeux clos, ils têtent déjà à qui mieux mieux en pétrissant le ventre maternel, tandis que, majestueuse, Rita avec orgueil nous présente sa nichée, qu'elle maintient contre elle d'une patte ferme.
PASSANTE (A suivre)
05 novembre 2009
Le libraire et moi
J’ai rencontré le libraire sur la route.
- Bonjour, vous allez bien, Lucette ?
Nous nous connaissons depuis longtemps, je vais souvent flâner dans sa boutique bizarrement construite dans le rocher, au bord de la route où s’étagent quantités d’autres demeures de Troglodytes. La plupart y viennent en vacances, mais le libraire Jacommo y vit toute l’année. C’est un féru de littérature et j’accepte sans façon de prendre un rafraîchissement dans la petite pièce attenante à la librairie.
- Vous connaissez l’histoire du rocher ? demande-t-il comme je dépose mon verre de limonade. Il paraît que derrière la pore que vous voyez là se cache un mur truqué. J’avoue que je n’a jamais essayé de le mobiliser !
- Vous voulez dire : une porte qui s’ouvre, un mur qui s’escamote ? non ?
- Si ! Je suis intrigué mais prudent. Donc je ne tente rien.
- Mais si, il faut ! Dieu sait quel secret se cache sous la paroi.
J’y mets de la fougue, j’adore les mystères.Mais il répond :
- C’est trop dangereux. Imaginez que je provoque un éboulis...
- C’est solide, ces rocs ! Moi en tous cas, je ne résisterais pas !
Il me regarde avec curiosité :
- Non ? Je vous trouve bien téméraire. Nous ignorons tout, ce fut peut-être le repaire d’un bandit.
- ...et il y cachait peut-être un trésor, dis-je avec véhémence. Voyons, Jacommo, on pourrait essayer..
- On ? dit-il. Vous m’accompagneriez ?
- Oh ! oui. Je brûle d’impatience et de curiosité ; Allez, dites oui...
Il est mal à l’aise, tenté semble-t-il mais pas encore décidé. Et puis hier, comme je passais devant chez lui, il m’a fait signe.
- Lucette, toujours d’accord ?
- Evidemment !
- Alors, entrez...
J’entre. Il ferme la porte derrière moi et affiche la pancarte « Fermé ». Le crépuscule tombe. Seule une bougie brûle sur le comptoir. Il me fait signe de ne pas bouger. Moi aussi, maintenant, je suis un peu mal à l’aise. Mais quoi ! j’avais insisté, je dois être satisfaite !
Jacommo s’approche du mur, je le vois tâtonner à la recherche d’un invisible déclic. Et, ô surprise, le mur tourne sur ses gonds bien huilés, semble-t-il, tandis que Jacommo m’entraîne dans une suffocante obscurité.
- Mais, dis-je, Jacommo...
Il me pousse soudain par les épaules, la lumière jaillit, la porte se referme, Jacommo a disparu, moi je suis enfermée.
Je hurle : là, dans le coin de la pièce, un squelette se désarticule sur la terre battue. Et là...là... un autre bien proprement couché, mains jointes, son petit manteau à côté d’elle bien plié auprès de ses peites chaussures, et sa petite carte de visite écrite en rouge « Sandrine »...Sandrine qu’on a tant cherchée...
Je ne m’évanouis pas. Je hurle.
Il arrive...
PASSANTE
