LE CAHIER DU SOIR de LORRAINE

dimanche 15 octobre 2017

AUTOMNE

(Consigne: L'Atelie d'Ecriture avait imposé la première phrase. J'ai donc fait la suite!)     

 

XXX

 

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne

De qui rêviez-vous donc ? Le sofa soutenait votre tête bien faite

Vous étiez comme un ange et souriiez, jeune homme

A  qui, a quelle femme, à quelle aimable fête ?

   

Vous ne le direz pas. Le tableau pour toujours

Sa tait sous vos yeux clos. Je serai la passante

En ce Musée discret,  qui m’arrêta un jour

Devant ce sommeil tendre et  inventa l’absente

 

Celle à qui vous rêvez depuis plus de cent ans

Un repos immortel évite la souffrance

Elle n’est plus qu’une ombre et s’efface le temps

Du sommeil bienheureux et l’écho d’une danse

 

 

LORRAINE

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samedi 23 septembre 2017

BEAU!

     Le vent soufflait en rafales le 22 novembre 2016. Debout devant la fenête, je regardais les arbres et j'écrivis quelques mots.

 

C'est beau l'arbre qui danse

Et se rue

Et se bat

Dans la tempête

 

C'est beau la lutte ardente

Jusqu'au dernier combat

Dans la tempête

 

C'est beau quand fatigué

Le vent soudain s'en va

Hors la tempête

 

Le lendemain, l'ambulance m'emportait vers dix mois de silence. Comme si le vent avait vaincu ma résistance pour toujours!

LORRAINE

 

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mercredi 13 septembre 2017

ROSES DU SOIR

 J'ai remonté le temps pour vous offrir une consigne de "Samedidéfi" que j'ai aimé écrire.  Quelle que soit l'année, les roses n'ont-elles pas toujours un message de douceur et de beauté?

 

XXX

 

Le soir s’est glissé dans la chambre close

Faisons quelques pas dans le chemin creux

Qui mène à l’étang. La lune morose

Ouvre son grand oeil jaune et ténébreux

 

Donne-moi la main. Vois comme les roses

Aux têtes poudrées, aux cils vaporeux

S’inclienent en rêvant et disent des choses

Que seuls entendront les coeurs amoureux

 

La nuit le jardin se tait et repose

Ecoute l’écho d’un oiseau peureux

Et ce bruit mouillé d’un crapaud qui ose

Sauter dans l’étang lourd et colèreux

 

L’heure a le parfum des amours écloses

Le vieux banc rêveur semble malheureux

Viens, la nuit frissonne et sur mon cou pose

Le baiser léger des amants heureux.

 

LORRAINE

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vendredi 1 septembre 2017

CHAPEAU!

 

             J’ai vu tantôt un de ces chapeaux chers au poète Paul Géraldy (1885 – 1983) qui, en connaisseur, les qualifiait de « grands chapeaux qui font les yeux plus noirs, les joues plus roses et qui cachent si bien les fronts ! ».

            Il avait, celui-là, des allures de bonze, un air si comiquement incliné et dévot à la fois  qu’en sa vitrine il évoquait à lui tout seul l’antique Chine.  Le voyez-vous, mauve et noir, mystérieux, parfumé, guettant la femme aux blonds cheveux , la petite tête qui lui prêtera sa vie, ses secrets, ses rendez-vous ?

            Qui coiffera-t-il de son ombre arrondie en coupe, à quel visage donnera-t-il un teint alangui et des lèvres tendres ? Il parera celle pour qui il est né ; on le verra au vernissage, il prendra le thé, s’attardera dans les salons, acceptera discrètement une invitation galante et s’ennuiera le lendemain, de 2 à 5 heures sur le guéridon d’une antichambre. Et il oubliera les mots d’amour, tout bonnement, parce qu’il n’est qu’un petit chapeau frivole, sans plus. 

             Ce temps-là s’est envolé, même si les chapeaux font quelquefois une offensive qui a son petit succès une saison. Puis ils retournent, penauds, dans leur armoire, où on les oublie définitivement.     

                                                           

LORRAINE

(chapeau Jean Barthet)

(chapeau Jean Barthet)

 

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jeudi 24 août 2017

LE SECRET DE LA JARRE

 

Jarre

 

   "Le secret de la jarre", un beau sujet de consigne proposé par "Les Impromptus". Voici ma participation.

                                                         XXX           

 

Dans ma jarre il y a :

- des pinceaux de couleur pour reverdir l’hiver, dessiner un ciel bleu, et semer partout dans les prés le coquelicot rouge  éphémère ;-

- Gagné à je ne sais quelle loterie -un billet d’avion pour l’Espagne, jamais utilisé et gardé comme un dérisoire porte-bonheur ;

- le murmure de la mer ;

- des souhaits de bonheur et d’anniversaire, pleins de l’amour maladroit  d’enfants  devenus depuis des hommes et des femmes, qui envoient désormais des mails mais plus les « Je t’aime » d’autrefois ;

- Dans ma jarre, il y a aussi des souvenirs, des chagrins, des joies ailées, des visages disparus, des aveux d’hier, une rose au corsage, un baiser dans les cheveux, une éphémère bouderie, l’immense soulagement des réconciliations, l’immense désespoir du deuil, et la vie qui continue.

- Dans ma jarre il y a l’adieu. Le mien. Celui qu’ils trouveront quand je ne serai plus.

 

LORRAINE

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lundi 21 août 2017

MERCI

 

         A vous toutes et tous qui, malgré dix mois de silence continuez à me  rendre visite, à me laisser une pensée, un sourire, un espoir, un message, MERCI ! Du fond du cœur, je viens vous dire combien réconfortantes sont ces petites  pierres laissées sur mon chemin de malade depuis novembre 2016.

         Je viens de rouvrir l’ordinateur et je ne puis répondre à chacun, mais à tous je dis ma gratitude.  Je reviendrai à mon rythme, dont j’ignore encore les limites et les possibilités. Comme j’ignore où me conduira le cancer qui m’a menée en ambulance à l’opération (4 heures), de laquelle je suis revenue étonnée et faible.  Mamilouve vous a répondu quelquefois ; je lui en sais d’autant plus gré qu’elle affrontait en même temps le décès de son mari, disparu en trois mois fulgurants tandis que je revenais à moi cahin caha. 

         Mes amis, à bientôt, du moins je l’espère. Je vous embrasse,

 

LORRAINE

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lundi 14 novembre 2016

PAYSAGE

                                                                                                                                             ( Réédition )        

        Ca et là, des fermes cabossées se groupent et simulent un village. Elles ont grand âge, des rides replâtrées de ciment et repeintes, comme si, éclatées du dedans par trop d’émotions, les fermes tenaient encore par leur volonté de petites vieilles.

         Le chemin va où il veut, tourne à la grange où s’adosse la niche blanche au toit vert, flâne et s’étale  largement  devant la chapelle où Saint Christophe  promet sa protection. Puis il repart, caillouteux, raviné, offre une maison rose et toute droite, aux fenêtres rangées comme des petites filles sur des prie-Dieu. Ses géraniums d’un rouge presque offensant  surmontent  deux bancs vernis de chaque côté de la porte, pour le repos du soir, quand tout s’endort et que le couple méritant et laborieux s’assied et parle du temps qu’il fera demain.

ferme ancienne

LORRAINE

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jeudi 10 novembre 2016

BRUME

 

            La pluie frappe au carreau et l’horloge grignote les heures. Leur bruit alterné se mêle et tisse pour moi seule une musique grise que je connais bien. La maison s’est encapuchonnée de brume et si je voulais être triste, je le serais infiniment. Tout m’y convie : le ciel bas ; la rue morte, mes souvenirs.

            Pourtant je sourirai. Je sourirai afin de secouer la perfide mélancolie, le spleen insinuant et noir qui colle au cœur et au visage.  Car le bonheur dépend parfois d’un jour comme aujourd’hui où il suffirait de pleurer pour que se ravivent tous les chagrins ou de sourire pour qu’ils s’enfuient.

            Etre heureux n’est bien souvent  qu’une attitude devant la vie. Alors, ce ciel étrange, ces oiseaux en groupes noirs, les vitres larmoyantes et mon étroite solitude, j’en ferai une gerbe de feu d’artifice, et si le poète pouvait écrire :

            « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux

            « Riche mais impuissant, jeune et pourtant très vieux »…

je serai la reine qui vainc l’heure mélancolique et attend le soleil comme une couronne d’or.

Gaslight (Fog)

 

LORRAINE

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dimanche 6 novembre 2016

A travers les rameaux...

 

 

Quand la harpe du vent agite les rameaux

Qui tintinnabulent

Se lève le fantôme altier des jouvenceaux

Dont le chant hulule

 

Ils s’en vont aériens et tout le corps voilé

Dans le crépuscule

Armée d’anciens héros, Pages et chevaliers

Là-bas se bousculent

 

Quand je les aperçois au loin dans la futaie

Mon âme bascule

Comme si, sous mes yeux, l’écuyer que j’aimais

Soudain s’articule

 

Les ombres peu à peu se fondent dans la nuit

Tremblants funambules

Et le vent qui se tait soudain de moi se rit :

Suis-je ridicule !...

 

LORRAINE

forêt

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lundi 31 octobre 2016

Une malencontreuse chute m'oblige au repos.  Mal partout mais rien de cassé.  Je venais à peine de reparaître mais j'ai des vertiges chaque fois que je change de position. Patience!

A BIENTÔT DE TOUTE FAçON, MES AMIS

LORRAINE

Eug

Tableau Henri Cauchois

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