31 janvier 2009
AQUABELLE
A la demande d'une amie, je signale bien volontiers "Aquabelle", née par le talent d'une jeune femme qui à l'aide de pinceaux, crayons, livres et de patience, beaucoup de patience, a orné d'aquarelles des T'shirts en toutes tailles, du S au XL. Ils sont très beaux, décorés de fleurs naïves, d'animaux, de personnages, tous plus ravissants les uns que les autres.
Vous voulez en savoir davantage. Prenez contact par mail : ritz.sonia@wanadoo.fr ou par téléphone au 06-20-17-23-19
A bientôt!
LORRAINE
LA FUITE DE LA MARQUISE
Je crois qu’elle danse, la nuit, la figurine rouge au-dessus du piano. Pinçant entre deux doigts bagués son ample crinoline à dentelles, je l’ai retrouvée quelquefois le matin si rose, si brillante, qu’un soupçon me saisissait. J’avais envie de demander :
- Quoi donc vous a émue, marquise ? Pourquoi ces yeux plus clairs, ce volant retroussé, ces manches entrouvertes ? Friponne, quel menuet
à perdre haleine avez-vous esquissé dans votre cadre ? Et avec qui ?...
Mais rien. On se taisait. On jouait à ‘offensée. Pudeur ? Sévérité ? Que sais-je ? J’ai respecté le secret de l’image.
Mais quand, avec le soleil, je lève les yeux vers elle et je la surprends, un peu de guingois, la cheville découverte, une boucle déroulée sur l’épaule, comme une femme heureuse, je lui sais gré d’être si sereinement immobile pendant le jour, elle qui, lorsque descend l’obscurité, retrouve tout le faste d’une époque pleine de perruques, de jabots...et d’amour
LORRAINE
29 janvier 2009
BONJOUR, BONSOIR, FOIRE DU MIDI (2)
Le jour de l’ouverture, j’allais avec Hélène ou Yvonne faire un tour sur le boulevard pour repérer les nouveautés. Je tenais mes sous bien serrés dans ma poche ; très souvent, le début de la foire coïncidait avec la fin de l’année scolaire. Maman savait très bien qu’un peu d’argent récompenserait le mieux mes bons résultats et je me sentais riche de sa modeste obole. Je faisais un effort de calcul mental pour partager ce petit pactole en tours sur les auto-skooter, la montagne russe ou, pourquoi pas, le train du mystère ! Mais déjà organisée (eh oui !) j’aimais savoir à quoi m’en tenir et l’examen préalable de la Foire me semblait indispensable pour bien gérer ma fortune...et mon plaisir !
Nous venions de passer huit jours haletants sur ce boulevard et ses échafaudages. Mais d’un seul coup nous abandonnions les garçons de notre bande. Ils allaient de leur côté, nous du nôtre. C’était tacite. On jouait follement quand s’érigeait la foire, on se séparait dès qu’elle se mettait à vivre. Nous tenions mutuellement à notre liberté. Nous nous retrouverions en août, quand les derniers convois disparaîtraient à l’horizon. Et nous reprendrions nos parties de courses et de galopades, où les garçons n’étaient pas nécessairement les meilleurs.
Chaque année, à l’extrémité du boulevard du Midi, passée la Porte d’Anderlecht, se dressait le « Musée anatomique, hygiénique et anthropologique du docteur Spitzner », strictement interdit aux moins de 18 ans. Nous passions un peu empourprées, un peu inquiètes, nous demandant ce qui nous était défendu. Parfois, l’air indifférent, un passant jeune demandait son ticket et ayant montré sa carte d’identité, entrait dans l’antre où il découvrait les « Monstruosités de la nature » !
Une vaste estrade devançait le seuil, un bonimenteur impressionnant strictement vêtu d’un costume à gilet ressemblant vaguement à un médecin de campagne, invitait le public à s’instruire. Des personnages de cire s’exhibaient : frères siamois collés par la hanche, une femme dont on voyait l’intérieur, une autre toute marbrées de pustules et dont on chuchotait qu’elle souffrait de « maladies vénériennes ». C’était quoi, les maladies vénériennes ? Maman ne voulait pas en souffler mot, mes frères se regardaient en riant, et tandis que je me demandais comment on attrapait ces redoutables infections, une caissières sévère dans sa boîte vitrée délivrait le droit d’entrer à ceux qui osaient s’aventurer.
Nous rebroussions chemin et un tour sur les chevaux de bois nous rassérénait vite!...
PASSANTE
Illustration: www.histoire-généalogie.com
28 janvier 2009
BONJOUR, BONSOIR, FOIRE DU MIDI!
Ils arrivaient dans le courant de juillet. J’aimais violemment cette petite semaine pendant laquelle des hommes jeunes, robustes, aux yeux malins et effrontés, échafaudaient les carrousels et les baraques foraines. L'avant-foire me passionnait autant que la foire elle-même.
Nous, les enfants, organisions des parties de cache-cache haletantes, derrière les tréteaux qu’on dressait, les toiles tendues autour du ring de boxe où s’afffronteraient bientôt un des costauds engagés par le forain et un autre costaud, badaud celui-là, qui lèverait la main dans la foule, avec l’espoir de gagner le tournoi et une petite somme d’argent. Nous rôdions autour des maisons sur roues qui amenaient les gens du voyage, femmes au foulard rouge ceignant des cheveux noirs, gitans élancés, mais aussi des tout petits qui jouaient à même le sol, au pied des trois marches de bois conduisant dans la roulotte. J’ai essayé souvent de voir l’intérieur, me demandant comment pouvaient vivre ces familles mais on nous renvoyait farouchement et je n’ai aperçu qu’une pièce étroite et, à une table, une jeune fille qui épluchait des légumes.
Ils vivaient comme nous, ces nomades, parmi lesquels des Belges et des Français, des Italiens et des Espagnols. On les reconnaissait à leur accent et ceux du terroir revenaient chaque année embauchés par le même forain pour animer ses exhibitions : haranguer la foule, hurler dans le podrte-voix ou parader sur scène en costumes chamarés.
Nous connaissions bien la « Carmencita », elle habitait les Marolles dont elle avait le parler succulent, mais il me fallut un certain temps pour constater que Carmencita, en dépit de ses œillades et de ses robes bouffantes, de ses éventails et de ses anneaux d’oreille, de son grand chapeau noir coquinement incliné sur l’œil droit, étai un homme ! A la ville aussi, elle prenait l’apparence d’une femme et nous la rencontrions quelquefois, faisant son marché, moulée dans une robe à fleurs, poudrée, fardée, amie des marchandes des quatre saisons qui la servaient en riant quand elle s’affolait d’une abeille insistante. « Je n’aime pas ces petites bêtes, minaudait-elle d’une voix flûtée, allez, par-tez-ez-ez... »
Ici, on montait les balançoires ; là, les auto-skooter prenaient place sur la piste luisante, les montagnes russes hissaient leurs rails sur le dos des hommes de peine, qui s’arrêtaient quelquefois pour boire une bière à grandes goulées. La casquette en arrière, le visage luisant dans la chaleur d‘été, ils sifflaient un air entraînant et regardaient parfois passer les filles.
(A suivre)
PASSANTE
Photo:http:// sofei-vandernaemet.skynetblogs.be
La foire du Midi quand j'étais une petite fille. Ici elle est encore fermée, en semaine les manèges ne s'ouvraient que l'après-midi. (Pour ceux qui voudraient se documenter sur le Bruxelles d'alord, je recommande vivement ce site inttulé :Quand Bruxelles brusselait", plein de souvenirs et de photos très évocatrices)
24 janvier 2009
UN PETIT COUP DE BLUES...
Eh bien oui, aujourd’hui je dois lutter. Pour être d’humeur égale, pour résister à un flot d’ennuis mineurs qui semblent m’assaillir malicieusement. Après le micro-ondes en panne, le nouveau à acheter, les difficultés d’installation, me voici confrontée dans la salle de bain à mon robinet d’eau froide absolument inerte et, depuis hier soir, au refus obstiné du lecteur de DVD. Rien à faire, il ne veut pas s’ouvrir. Il garde jalousement la cassette neuve enfermée et s’obstine à m’indiquer « Open » alors que c’est faux !
Seule, plus très jeune ( !), rentrée hier éreintée d’une
visite amicale par un temps venteux et le parapluie retourné, j’avoue que je commence doucement à craquer. Je ne sais pas encore si je vais m’abandonner à fulminer ou à pleurer. C’est ridicule et je le sais. Mais j’ai tellement l’habitude de dompter mes humeurs que cet état d’aujourd’hui m’inquiète : je ne me reconnais pas. Il va falloir pourtant passer à autre chose, secouer mon humeur , me dire que tout cela n’est rien. Je le sais. Cela fait partie des ennuis quotidiens. Mais je sors affaiblie d’une maladie de quinze jours, et ma force de caractère s’est sans doute un peu effritée.
Alors, je vous le dis, à vous mes amis invisibles, parce que, quelquefois, il est bon de se savoir comprise...
LORRAINE
23 janvier 2009
DUEL DE POESIE
Petit rappel amical
Je participe
mais qui suis-je?
http://point-d-interrogation.over-nlog.com
NE PENSER A RIEN, FACILE!
Cher oncle Gaston,
Vous me dites que vous préparez un ouvrage philosophique sur « La pensée existe-t-elle ?». Je m’incline avec respect devant une telle entreprise et suis convaincue que vous la mènerez à bien, comme vos ouvrages précédents. Votre livre « L’art de la pensée » avait soulevé des doutes, des divergences de vues, des discussions qui menèrent aux tribunes les plus prestigieux orateurs. Celui-ci, j’en suis certaine, déchaînera lui aussi la passion non seulement des intellectuels, mais aussi de la masse.
Vous me faites l’honneur de me demander mon avis et me priez de répondre à la question : « Comment ne penser à rien ? ». Puisque cela peut
vous être utile, cher oncle Gaston, je vous réponds en toute simplicité.
C’est facile. Moi, du réveil au coucher, je ne pense à rien. Jamais. Certes, quelquefois je me dis : « Je vais penser ». Seulement pour voir quel effet ça fait, pour changer, en quelque sorte. Je me mets en condition, je fais sur place quelques petits sautillements pour aérer le cerveau, je m’installe confortablement dans le divan…et je m’endors. Serai-je tout à fait sincère ? Oui, par affection pour vous. En vérité, penser m’ennuie. Penser est stérile, déformant. Surtout penser « à quelque chose ». Penser c’est réfléchir et réfléchir risquerait de m’entraîner loin, bien au-delà de ce que je souhaite : vers des responsabilités, des devoirs, des obligations, des contraintes morales. Bien peu pour moi !
Ne penser à rien va tout seul. Il suffit de se laisser conduire. Par quoi ? Par ses désirs, ses envies, ses passades, ses impressions. Aucun effort à faire, aucune discipline à adopter, seulement suivre le mouvement, la foule, la rumeur, les autres. Etre emporté par son instinct qui, c’est avéré, ne se trompe jamais. S’en remettre à lui, quel repos, quelle ivresse !
Mais je l’avoue, votre question me préoccupe. « Comment ne penser à rien ? » demandez-vous. Est-ce donc pour vous une telle difficulté ? Il m’a pourtant semblé rencontrer quantités de gens qui ne pensent à rien (la majorité, devrais-je dire) et ne s’en portent pas plus mal.
Vous savez comme je vous respecte, cher oncle Gaston. Mais je dois bien constater que vous manquez d’expérience. « Comment ne penser à rien » aurait dû, en effet, couler de source ; c’est tellement inné, naturel, qu’ en vous observant vous-même, vous auriez compris. Mais non, vous êtes contraint de vous adresser à des tiers, moi en l’occurrence, votre nièce dévouée. Alors, avec toute l’affection que je vous porte je soutiens votre oeuvre : utilisez mon témoignage sans hésitation, je vous suis toute dévouée et je signe
Lorraine
P .S : Peut-être pourriez-vous ajouter sous votre signature « En collaboration avec ma très chère nièce »…
22 janvier 2009
IMAGINAIRE
Viens, entre donc, c’est la boutique
De ma p’tite amie Véronique
Elle vend de beaux papiers de soie
De la poudre et des falbalas
Ses tissus sont un peu magiques
Voici du vert pour ta tunique
Ses crayons dessinent tes yeux
Comme il te plaît, dorés ou bleus
Dans sa boutique j’ai trouvé
Des perles pour mes longs colliers
Des coussins turcs pour ma paresse
Et des livres de poétesses
Je furète dans sa boutique
En mes heures mélancoliques
Et si j’en reviens apaisée
C’est parce que je l’ai inventée
LORRAINE

21 janvier 2009
EVANESCENCE

Boire le vent qui berce la forêt
Etre la rivière montante
Dont l’eau perle l’ineffable silence
Se taire sans ouvrir un instant
Les yeux sur la colline
Semer l’amour au printemps de demain
Et mourir d’un rayon impalpable
Serpentant du fond des temps
Jusqu’au creux de l’âme apaisée
LORRAINE
18 janvier 2009
DUEL DE POESIE
Bonjour
à vous tous qui venez me lire ici avec amitié. J'ai été séduite par un
"Duel de Poésie" et hier j'ai envoyé mon poème, qui est publié sous un
autre pseudonyme pour éviter d'influencer les lecteurs. Donc parmi
d'autres, vous pouvez me retrouver...sans savoir que c'est moi! De quoi
mettre votre perspicacité en éveil! Et votre flair! Les commentaires
apportent des points aux auteurs, qui seront ajoutés à ceux décernés
par le jury.
Voilà! Si vous voulez rendre une petite visite à ce site et parcourir ce combat de poètes, je vous donne l'adresse:
http://point-d-interrogation.over-blog.com/
Une fois sur le site, vous descendez jusqu'au texte écrit en jaune. Les poèmes suivent.
Je reproduirai cette annonce au cours de la quinzaine prochaine. Pour
moi (comme pour vous, d'ailleurs), c'est un jeu. C'est ainsi que je le
prends, non comme un combat féroce entre rivaux!... D'ailleurs, les
"rivaux" sont très sympathiques. J'allais oublier le thème: "Point de
vue" (opinion ou paysage). Bonne lecture!
LORRAINE
