03 novembre 2009
CARNET DE BAL
Je vous ai réservé, dans mon carnet de bal
Le deuxième tango. Le premier, c’est normal
Revient à Diego. Il me l’a enseigné !
Ne soyez donc pas sot, c’est vous mon préféré.
Diego, je vous en prie, le slow je l’ai promis
A Yvan qui s’en vient. Il est un peu soumis ?
Tant pis, je l’aime bien ! Gardez mon éventail
Voulez-vous, Octavien ? Attention à l’émail !
Ah ! la valse, très cher, m’emporte et tourbillonne
Que dites-vous ? Yvan ? Comment, il nous espionne ?
C’en est attendrissant, vous êtes tous jaloux,
Arrêtez vos cancans, voici le Duc d’Anjou…
Monseigneur !..Oui, je danse. Nous allons pas à pas
Osciller en cadence. Un air de la pampa ?
Oui, oui, je me balance. Où donc m’emmenez-vous ?
…Je vous suis, Monseigneur, au château de St Loup...
LORRAINE
BRUME
La
pluie frappe au carreau et l’horloge grignote les heures. Leur bruit alterné se
mêle et tisse pour moi seule une musique grise que je connais bien. La maison
s’est encapuchonnée de brume et si je voulais être triste, je le serais
infiniment. Tout m’y convie : le ciel bas , la rue morte, mes
souvenirs.
Pourtant je sourirai. Je sourirai afin de secouer la perfide mélancolie, le spleen insinuant et noir qui colle au cœur et au visage. Car le bonheur dépend parfois d’un jour comme aujourd’hui où il suffirait de pleurer pour que se ravivent tous les chagrins ou de sourire pour qu’ils s’enfuient.
Etre heureux n’est bien souvent qu’une attitude devant la vie. Alors, ce ciel étrange, ces oiseaux en groupes noirs, les vitres larmoyantes et mon étroite solitude, j’en ferai une gerbe de feu d’artifice, et si le poète pouvait écrire :
« Je suis comme le roi d’un pays pluvieux
« Riche mais impuissant, jeune et pourtant très vieux »…
je serai la reine qui vainc l’heure mélancolique et attend le soleil comme une couronne d’or.
PASSANTE
