« Tous ces escaliers de ma vie, comme ils m’appellent ! J’étais en haut, belle, désirable et désirée.  On m’a aimée.  Ils m’ont aimée…J’ai aimé quelques fois. Pour le plaisir, pour le jeu, pour la chaleur d’une peau. Par orgueil aussi, vivant le délire d’inspirer des passions.  Et par passion pour cet homme jeune qu’hypnotisait ma féminité épanouie mais compréhensive. »

       Elle ferme les yeux. Longtemps, très longtemps, l’amour a donné un sens brûlant à sa vie. Trop longtemps…

       Sa chambre est tournée vers le soleil. Il auréole ses cheveux blancs, vieilledame frson visage fin un peu flétri, l’interrogation du regard brillant par-dessus les cernes.

       « Tous ces escaliers de ma vie, comme ils m’appellent !... »

       En finir. Ne plus rien attendre. Ne plus rien espérer. Quitter définitivement ce home…

       « Entrez »…

       « Juliette, chère, où êtes-vous ? Le whist nous attend…

       Et plus bas : « Je vous attends… »

       Juliette regarde ses yeux à lui si intensément bleus, si fervents…Allons, c’est décidé, elle vivra centenaire !..

 

LORRAINE

(J'emprunte cette jolie photo au site http://fr.fotolia.com. Il va de soi que si on me demandait de l'enlever, jele ferais immédiatement)