L'atelier d'écriture nous donna pour consigne une phrase: "Je suis un génie mais je suis modeste." L'inspiration a son indépendance. J'ai commencé à écrire sans idée préconçue, j'allais dire sans idée du tout. Et puis les mots sont venus...

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      Je suis un génie…mais je suis modeste.  Personne ne le sait . A quoi bon ? Ils riraient, les gens sont si mesquins !..

     Mais ils ne savent pas que mon cerveau chantonne et comprend tout. Et quand il ne comprend pas, il invente, non il crée. J’ai des pouvoirs. Je descends en moi-même, j’y trouve quoi ? La Tour Effell ? vous n’y êtes pas. La tête d‘une poupée de porcelaine, au crâne cassé et qui me regarde. De ce regard qui me ranime, et soudain, la poupée est une petite fille un trou dans le front. Je suis un génie, mais je ne le dis à personne.

     Je crée. J’ai trouvé une robe bleue au bord de l’eau, j’allais faire ma promenade Enfant - Vl

dans le bois et la robe, c’était celle d’une gamine qui nageait.  Elle a crié « Oh ! »..en me voyant, elle était presque nue. Maintenant, j’ai sa robe bleue et il me suffit de la regarder pour que la petite fille remue, parle, sourie. Dans mon souvenir.

     Je suis modeste. Qui croirait que dans ma cave un panier plein de fan freluches fait aussitôt vivre Marika, qui était slave, ou Gertrude, une jeune Allemande, ou Marie, venue de Flandre ? Nous nous parlons et nous rions ensemble, les soirs où j’ai le cafard. Je vais chercher le panier. Elles en sortent toutes, elles me racontent leur courte vie, elles sont gaies, elles m'aiment bien.  

     Je suis un génie...mais je suis modeste.

LORRAINE

(Tableau de Vladimir Volagov)