“On ne dit pas “Ouais”, on dit “Oui”!

            J’ai encore cette phrase dans l’oreille. Mon puriste de mari reprenait sa fllle d’une voix douce, mais ferme: il tenait à ce qu’elle parle correctement cette langue  française dont, bien que neerlandophone, il était amoureux. Elle s’y plia  sans peine et devenue maman à son tour, n’eut pas de difficulté à la transmettre à ses enfants.

            Mais les coutumes évoluent; on voit des garçons s’embrasser au lieu de se serrer la main, ou se taper vigoureusement une paume contre celle de l’autre, dans un signe viril qui semble signifier “ O.K.”, ou “O.K. on se comprend”, ou encore “O.K. je suis d’accord” ou Dieu sait quoi d’autre dont une dame de mon âge ignore jusqu’aux balbutiements.  Dans la foulée, ils simplifient la prononciation.

            - Ca va?

            - Wouais!...

             Définitif. Tout est dit. “Wouais!”. Si ça va un peu moins bien, pas besoin de grandes phrases, un nonchalant “Mwouais...” suffit,  soit  ”comme ci, comme ça”, c’est du moins ce que je traduis.  

            J’assiste au spectacle. Je ne dis pas à mon grand petit-fils: “On ne dit pas “ouais”, on dit “oui”. Parce qu’il le sait très bien l Le “wouais” fait partie du langage “potes”, je me demande d’ailleurs s’il n’est pas plus employé chez les garçons. Le “oui” appartient à  la conversation familiale et professionnelle.  

            La roue toune. Demain, tout le monde adoptera-t-il le “Wouais” tontruant qui claque fort dans l’air du temps? Il était si joli pourtant, le petit “Oui” pointu!...

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LORRAINE