Il y a plus d’un an que je l’ai, je vous l’ai dit brièvement, sans m’attarder, cent fois je me suis dit « Je raconte sa petite vie » et cent fois je me suis tue. Parce qu’en parler c’était ressusciter aussitôt mon chat Milord et cela me faisait trop mal. Mon Milord de 17 ans, mon seul compagnon. Et pour apaiser un peu cette blessure, ma petite-fille Florence m’a conduite  l’an dernier, fin mai, choisir un petit cochon d’Inde, que j’ai choisie d’une seule main parmi tous les autres, petite, beige et brune et surtout affolée.

         Un amour ne remplace pas l’autre, il se juxtapose. Milord était fier, indépendant et soudain si doux contre moi, comme s’il voulait effacer tous les chagrins de ma vie. Musette est petite, craintive, fuyant quand je veux la sortir de sa cage Et pourtant soudain si heureuse, grimpant le long de mon bras, nichant son petit nez dans mon cou et restant là, en chantonnant, tandis que je caresse son flanc si soyeux.

      On m’avait dit « Il faut la laisser courir ». Mais elle ne veut pas courir. Ni s’éloigner. Elle reste là, dans mes bras, musant ses chansonnettes comme des mélopées, et quelquefois, bonheur des bonheurs, s’endort.

      Le soir, nous regardons la télé ensemble. Même si elle lui tourne le dos, son petit corps détendu me dit que tout est bien.

 

     Et je le crois.

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Mon arrière-petit-fils Théo

fait cnnaissance avec Musette.

 

Musette caresse

Théo et Musette