07 novembre 2009
PAROLE
Une parole légère avance à toute voile,
Plume soufflée du bout des lèvres.
Où vas-tu ? Qui te recueilles ?
Tu volètes emportée par la joie
Jusqu’au clocher pointu sur la place de
l’église.
Vas-tu, brusquement, en
plein après-midi
Lancer au monde cette incroyable
nouvelle :
« Je suis heureux » ?
« Heureux ? »diront-ils,
Qui a la prétention de l’être ? Qui a osé ? 
Le bon sens l’interdit. Heureux !
Et pourquoi, je vous prie ? »
Heureux tout simplement,
Dans un univers fou qui a oublié de vivre
Heureux d’être, sans raison, sans argent,
13 octobre 2009
J'AIME LES SACS A MAIN...
Je me
souviens du tout premier, un très petit, hérité de ma marraine, qui ravit mes cinq ans et
embarrassa maman. Je l’emmenais partout, sauf à l’école où c’était défendu,
mais en visite, dans la rue où je croisais mes copines (avec fierté, cela va sans dire !)
, dans le tram, dans ma chambre et même dans mon lit. J’y cachais une pochette
en soie, piquée à ma sœur aînée, une minuscule poupée de celluloïd, et pour
faire comme les grands, un petit carnet tout à fait inutile, puisque je ne
savais pas écrire !
Mon
frère Jean amena une petite amie,
il avait 19 ans, elle 18. Elle travaillait chez un fourreur et m’offrit une écharpe en hermine
blanche (probablement du lapin !) et un petit sac en fourrure beige qui représentait un chien dont le dos s’ouvrait par une tirette. Je le
tenais bien serré sous le bras, j’avais l‘air d’une dame. Du moins je le
pensais. J’éprouvais le plaisir d’être « grande ». !
Ai-je enfoui au fond de moi l souvenir de ce petit chien ? Il m’a en tous
cas laissé le goût des sac à main comme si, en les tenant contre moi, je le
ressuscitais un peu….
PASSANTE


Photo www.sac-factory.com

Pardon de me répéter...mais j'utilise un nouvel ordinateur
et, comme vous le voyez, je patauge....Alors, je remplis les
vides en attendant de savoir comment les réduire!

08 septembre 2009
PAROLE
Une parole légère avance à toute voile,
Plume soufflée du bout des lèvres.
Où vas-tu ? Qui te recueilles ?
Tu volètes emportée par la joie
Jusqu’au clocher pointu sur la place de l’église.
Tu t’arrêtes. Vas-tu sonner les cloches ?
Vas-tu, brusquement, en plein après-midi
Lancer au monde cette incroyable nouvelle :
« Je suis heureuse » ?
« Heureuse ? »diront-ils,
Qui a la prétention de l’être ? Qui a osé ?
Le bon sens l’interdit. Heureux !
Et pourquoi, je vous prie ? »
Heureuse tout simplement,
Dans un univers fou qui a oublié de vivre
Heureuse d’être, sans raison, sans argent,
Une parole légère qui avance à toute voile.
LORRAINE
13 août 2009
NOUS SOMMES HEUREUX...
Où vont les pensées du jour quand le soir descend ? Où vont les projets ébauchés, les mots échangés, le silence perçu ? Nous croyons guider notre vie, mais nous ignorons que notre vie est tissée de ces instants creux ou volages, qui n’ont pas grande importance mais sont, inexorablement, le temps qui passe.
Parfois, un grand bonheur semble un tout petit rien .Nous ne savons pas toujours quel est le visage du bonheur. Il s’amuse à porter des masques, il ressemble à une langueur d’été, ou soudain a la vivacité d’une chanson entendue. Nous vivons l’instant comme s’il était normal ; et pourtant, nous pouvions refuser cet abandon du corps au sommeil ou fermer notre fenêtre pour repousser les échos du refrain. Oui, j’appelle ces moments fugaces « un grand bonheur ». Car ils contiennent une part de joie, une part d’abandon, une part de paix. Ils sont lisses et permettent ce tête-à-tête avec soi-même où la lucidité devient claire comme une étoile allumée.
Et même si nous ne mettons aucun mot sur cet état de grâce menu mais ineffable, nous sommes heureux, sans le savoir...
PASSANTE
01 août 2009
HELLO! LES TRICOTEUSES!...
J’en parlais dans l’article du 24 juillet dernier, il existe quantité de bénévolats, infiniment utiles tant à ceux qui les pratiquent qu’aux bénéficiaires souvent en condition de faiblesse.
Et qui est plus faible qu’un prématuré ? Si je vous pose la question c’est qu’il existe un mouvement de solidarité les concernant et qui touche toute la France.
C’est à la demande des maternités qui s’occupent des prématurés que l’idée a jailli. En effet, les vêtements pour prémas sont très coûteux et les maternités ont souhaité que des tricoteuses bénévoles puisssent les aider. Les vêtements confectionnés ne sont pas offerts aux familles mais servent à la maternité pour tous les petits qui attendent d’être assez grands pour être rendus aux parents.
TRICOTEUSE BENEVOLE
Qui mieux qu’Agnès, (une amie qui vient si gentiment déposer des commentaires sous mes billets) pourrait vous expliquer les choses ?
- Nous tricotons bonnets, brassières, moufles et chaussons, ainsi que des « doudous » et quelques couvertures et culottes. Nous cousons aussi des draps
colorés et des dessus de couveuse (pour éviter que les lumières trop vives n’agressent les yeux des petits). Certaines confectionnent ou tricotent des ensembles tout blancs pour les « anges », les petits décédés.
Agnès apprit l’existence de cette action par une amie de Marseille qui connaissait sa vélocité et son talent de tricoteuse ! C’est ainsi qu’elle atterrit chez Lucie, qui réceptionne tous les colis qu’on envoie pour sa région : le Nord/Pas de Calais. C’est une très jeune file de 19 ans, élève infirmière à Lille, qui se charge de déposer les colis dans les services maternités demandeuses. Je vous donne l’adresse de son site, qui vous permettra d’en connaître davantage : http://leschtispremas.canalblog.com/. Vous y trouverez également l’adresses d’autres mouvements similaires, comme « Les brassières du cœur », par exemple.
GENEROSITE PARTAGEE
Je demande à Agnès si des dons de laine sont bienvenus.
- Oui, sans aucun doute. Notre groupe, par exemple,
est très demandeur : 8 tricoteuses plus ou moins régulières, la plupart en situation financière fragile..J’ai acheté pas mal de pelotes pour commencer, puis nous avons fait appel à la générosité des tricoteuses de notre ville. La qualité des laines reçues ne convient pas toujours pour des bébés fragiles. Donc, tout ce qui ne convient pas, je l’offre à d’autres tricoteuses qui tricotent des carré de laine pour des couvertures destinées à des SDF.
Comme quoi la charité partagée n’est pas un vain mot ! Alors, si vous aimez tricoter, si vous avez du temps libre et si le sort des petits prématurés vous émeut, contactez Lucie. Vous ne le regretterez pas.
PASSANTE
30 juillet 2009
PUISQUE VOUS PARTEZ EN VOYAGE...
Il me revient cette petite merveille de chanson où la voix acidulée de Mireille alternait avec celle de Jean Sablon . J’imaginais, oh ! oui, comme j’imaginais ! ce quai de gare et ce visage pointu de jeune femme sous le chapeau cloche incliné sur le front et ce jeune homme en cravate élégante, les cheveux lustrés vers l’arrière.
Un couple, comme on l’imagine à 13 ans, un couple d’amoureux beaux, fervents et tendres, délicats et sincères, où rien n’égratigne, où rien ne blesse, où tout sera lumineux, toujours, toute la vie. Aussi loin que peut l’imaginer la petite fille de 13 ans, bercée depuis toujours par des chansons d’amour psalmodiées par les artistes de l’époque.
Puisque vous partez en voyage
Puisque nous nous quittons ce soir
Mon cœur fait son apprentissage
Je veux sourire avec courage...
Ce duo où se répondaient des accents de plus en plus déchirants, me chantait à l’oreille, le soir pour que je rêve. Sait-on comment les petites filles de ce temps-là croyaient à l’amour ? A un amour violent, imprévu, rencontré par hasard et qui se révèle à l‘instant ! Un amour non précédé d’amourette, un seul amour , LE seul amour !
Quel climat magique, quelle naïve crédulité ! La chanson à elle seule
imprégnait nos sensibilités ferventes...et celles qui se trompèrent d’inconnus souffrirent d’un mal difficilement consolable. Mais les autres furent heureuses, bercées par la certitude que les chansons ne se trompaient jamais. Et elles firent en sorte que ce soit vrai...
Le bruit s’est insinué jusque dans les chansons. Comment voulez-vous qu’aujourd’hui les jeunes filles qui partent en voyage entendent encore l’aveu soupiré dans le brouhaha les hauts-parleurs ?...Et, surtout, qu’elles y croient ?
PASSANTE
Cette très belle photo est empruntée au site cliketclak.skynetblogs.be (quai de gare Jonfosse - Liège)
15 juillet 2009
LA ROBE ROUGE
Dans l’écheveau de mes souvenirs, je tire un fil au hasard, je le suis en fermant les yeux et me voici, soudain, en robe rouge, tenant sur le bras mon bébé assis, son petit bras dodu autour de mon cou. Où allons-nous de ce pas estival ? Je chantonne à mi-voix, elle aussi, nous sommes des complices de la promenade. Tantôt, au parc, je la poserai et elle ira, titubante et ravie, droit devant elle et moi droit derrière ! Je revois ses yeux bleus, ma robe rouge, et sa jupe à larges panneaux ceinturée à la taille, et notre gaîté intérieure.
Aujourd’hui, elle est une femme sérieuse, active, mère de grands enfants. Mais, mine de rien, elle tient à l’œil ma vie solitaire. Je n’ai plus l’âge des robes rouges, mais je me permets le débardeur écarlate par-dessus le chemisier blanc.
Un jour, j’aurai besoin de son bras pour marcher comme elle a eu besoin des miens. Elle ralentira simplement le pas et près d’elle je me sentirai à la fois forte...et un tout petit peu, seulement un tout petit peu...faible.
LORRAINE
12 juillet 2009
TE SOUVIENS-TU DE CE JARDIN?..
Te souviens-tu de ce jardin, au fond d’un chemin étroit, entre deux maisons ? La grille a fait « clic », une vieille grille râpeuse. Nous sommes entrés en étrangers, étonnés, déconcertés, un peu perdus d’être là par hasard, de flâner à deux pas de la rue bruyante comme une ruche.
Le panneau « Jardin public », discret et délavé nous y invitait et nous avons trouvé l’allée rectiligne, la pelouse lustrée, ce banc, tu te rappelles, où siégeait un chat benoîtement couché mais si ostensiblement président des lieux que la vieille dame habituée nous dit : « C’est sa place ! » d’un air déférent et approbateur.
Ce jardin ! Il avait une tonnelle fleurie, des escaliers de marbre gris, une petite fontaine et des oiseaux mouillés qui s’ébrouaient sur le bord.
Un solitaire lisait son journal, une maman chantonnait, berçant
la voiturette où s’endormait un bébé chapeauté. Non, nous n’étions pas des intrus, plutôt des invités. Le jardin nous recevait avec bienveillance, caché aux yeux distraits, ouvert aux chanceux qui le devinaient, car il ne faisait pas de réclame.
Ce jardin, t’en souviens-tu ? Tu me tenais la main…
Là où tu es parti pour toujours, de l’autre côté du miroir, là où seule ma voix peut t’atteindre, ce jardin, dis, t’en souviens-tu ?
LORRAINE
07 juillet 2009
VOYAGE DANS UN PARC
L’été descend sur la prairie, des enfants jouent dans la frénésie un peu angoissante qu’apporte souvent la fin d’un beau jour. Les garçons dévalent le chemin de terre par bandes de trois, cernant un ennemi tapi derrière un chêne, ils le touchent « Tu es mort... ». Lui tombe un instant, comme un dieu basculé, relève ses beaux yeux exotiques et laissant les autres à leurs cris, s’assied sur un banc, pensif.
Les fillettes, là-bas, ont choisi pour demeure l’ombre, percée de lumière, des arbres aux branches emmêlées. Un châle sur le sol leur sert de siège ; elles jacassent. L’une d’elles s’encercle du hulo-hop, déniché je ne sais où. Et son corps balance, cadencé, long et mince, tandis qu’un rythme invisible scande en elle son chant et que deux petites mains arrondies vers le ciel semblent effeuiller des voiles. Douze ans,
treize peut-être, jolie, le sachant : des yeux qui se moquent, la souveraine certitude de plaire.
Un peu plus loin, une autre fillette s’exerce, elle aussi. Son corps tout droit manque de taille, les hanches grassouillettes s’efforcent à la souplesse et je croise le regard bleu candide plein d’espérance. Le hula-hopp n’est plus un cerceau magique mais pour elle l’impitoyable outil qui l’aidera à prendre forme. Les garçons passent, l’un d’eux lui crie « Salut ! », un sourire s’échange.
Qu‘adviendra-t-il d’elles, la jolie et l’autre, la déliée et l’ingrate, toutes deux à l’âge où le cœur se forme autant que la silhouette ? Si j’avais de l’inquiétude, ce serait plutôt pour la mignonne, si assurée déjà, et qui le montre, et qui s’y perd peut-être. En avons-nous connu de ces filles éblouissantes et ravageuses, allant de succès en succès, aimant plus l’ivresse de plaire que le garçon attaché à leurs pas , chaque jour plus convaincues de leur pouvoir, jouant du mot, du rire, du geste et s’étonnant soudain d’être seules !L’homme, lassé, s’est détourné et découvre, moins brillante mais plus constante, l’amie d’enfance ou la nouvelle venue que rien ne distingue, sauf qu’elle s’intéresse à eux, non à elle-même.
Sur la prairie, mon feu follet achève sa danse du hulo-hoop. Elle disperse ses regards aux badauds qui l’entourent. Un garçon rit gauchement ; un autre, railleur, appuyé contre son vélo, la toise et elle le nargue. Les filles, jalouses, parlent ensemble. Personne ne s’inquiète de la grosse. Elle a pris son hula-hoop sous le bras, s’essuie le front, puis d’un pas calme s’en va, donnant la main au copain qui l’attend.
PASSANTE
Photo: http://media.merchantcircle.com
10 juin 2009
UN DIMANCHE A LA CAMPAGNE
Aller chez ma cousine Constance ? Le beau temps m’y invite, deux pies se poursuivent sur le toit, éclats noirs et blancs qui volètent en un ballet de plumes. Pourquoi hésiter ?
J’y vais donc, heureuse de revoir Constance, si belle, si douce
, qui m’enseigna le goût de la lecture quand, petite fille, je furetais dans le grenier où s’étageaient les livres délaissés. Ma cousine Constance, adolescente , lisait beaucoup et gardait pour moi les romans qu’elle jugeait de mon âge. Elle m’offrit d’abord « Le petit Lord Fontleroy » qui me charma , puis toute la Comtesse de Ségur ; enfin nous débouchâmes sur la collection « Stella » pour jeunes filles et je dévorai avec passion des histoires d’amour à l’eau de rose . Je me souviens de « Dactylo », « L’homme du Désert », « Vacances », les œuvres de Magali, Delly, Max du Veuzit, d’ autres.
Chaque fois que je vais chez Constance, me reviennent des bouffées des dimanches d’autrefois. Assises sur un vieux canapé de soie incarnat éraflé d’anciennes griffures, nous lisions côte à côte, éclairées par la clarté changeante des vitraux rouges, bleus, jaunes, qui ornaient toutes les fenêtres de la villa, y compris celles de la tourelle abritant le grenier. Le temps passe, les affections s’embrument un peu, on les ravive par une visite, un coup de fil. Chacune suit sa route, mais Constance n’a pas quitté la villa Marguerite cabossée de souvenirs.
Un dimanche à la campagne ? J’arrive !
PASSANTE
Tableau de Fragonard "Jeune fille lisant".
