31 juillet 2009
ENCORE UNE!
Vous cherchez le quai? Par ici, Messsieurs-dames!
NOUVELLE GARE!
Ma petite gare des années 30, dont je chantais ici le charme désuet, sera bien étonnée devant ces photos: elles montrent quelques aspects de la Gare des Guillemins, à Liège, qui sera inaugurée dans quelques jours. Peut-être vous intéressera-t-il d'en découvrir certains...vertiges?
Photos MVH

18 juillet 2009
ET SI NOUS TRIBOULIONS ENSEMBLE?...
Quand j’étais au jardin d’enfant, en courant dans la cour ii arrivait à Armand à Hélène ou à moi de « tribouler ». On se relevait en riant, on se frottait le genou ou le coude mais l’essentiel était de « tribnouler » à nouveau. Je ne sais pas si c’est la chose ou le mot qui nous faisait rire. Mais j’ai de grands souvenirs de « triboulages » qui ressemblaient à des cumulets, des glissades volontaires, des étalements à plat ventre, au point que Mademoiselle Raymonde nous intedit une fois pour toutes de « tribouler »
En dehors de ce petit noyau d’élèves, je ne me souviens pas avoir entendu qui que ce soit s’adonner à ce plaisir.... Au point de m’interroger : Aurions-nous inventer le mot ?..
L’âge aidant, férue d’histoire de France, lisant beaucoup, je découvris « Triboulet » le bouffon du Roi Louis XII, dont parle d’ailleurs Alexandre Dumas dans je ne sais plus lequel de ses romans d’époque.Ce paysan né dans les environs du château de Blois avait un physique désavantagé mais un esprit fol et malicieux dont la sagesse étonnera plus d’un. Ses réparties faisaient rire la Cour . J’emprunte ce résumé à l’excellent site www.renaissance-amboise.com :
« Triboulet a bel et bien existe. Rabelais dit de lui : « Proprement fol et totalement fol, fol fatal, de nature, céleste, jovial, mercuriel, lunatique, excentrique »....je vous en passe il paraît que plus de deux cents épithètes qualifient Triboulet. Un Triboulet qui sait se moquer des gens sans déclencher leur colère ; il déclenche plutôt leur sourire. Lorsque l’amiral de Chabat le menace de coups de bâton, François 1er intervient et dit : « Ne crains rien, si quelqu’un osait porter la main sur toi, je le ferait pendre dans le quart d’heure qui suit ». A quoi Triboulet répond : « Ah cousin (il appelait le roi ainsi ) ne pourriez-vous pas, je vous prie, le faire pendre un quart d’heure avant qu’il m’étripe » ?
DE LA COUR DE FRANCE AUX CHTIS
Convaincue que le bouffon du roi, outre ses réparties était aussi
maître en pitreries et jongleries, j’en déduisis bientôt que le verbe « tribouler » nous arrivait de cette lointaine époque. Et que nous « triboulions » comme lui en nous roulant par terre ou en nous lançant tout droit dans la prairie.
Je n’y étais pas, ou plutôt pas tout à fait ! Consciencieuse et voulant enfin savoir si oui ou non, nous sommes tous aptes à tribouler, je mis donc Google à contribution. Il m’amena d’un seul saut dans le Dico Chti de « Ti té d’min coin.com »...où je lus cette définition lapidaire et définitive : « Tribouler : tomber en avant ».
Foin donc du Triboulet et de l’histoire que j’en avais déduite. Le verbe ne vient pas de ses exploits. Rendons-nous à la savoureuse évidence : dans notre petite classe maternelle, parmi tous les Bruxellois, s’épanouissait probablement un Chti...et son vocabulaire !
PASSANTE
Triboulet (Wikimédia Commons)
27 juin 2009
SOLITUDE FRAGILE
Il m’arrive de prendre tout à coup conscience du vide, ce vide affolant de la solitude. Rien ne se passe, c’est samedi, un jour qui va s’étirer heure par heure, où je serai heure par heure un peu inquiète, un peu triste, un peu résignée. Un jour que j’aimais autrefois, vif, actif, cumulant les projets. Un jour où nous étions deux..
Et puis je suis seule. Ce n’est rien. Je le sais. C’est le sort de tant de personnes qui souhaiteraient voir un sourire en se levant, entendre un mot gentil. Ou simplement un mot banal. Mais pas ce silence. Surtout quand il fait chaud, que j’ai un peu mal à l’estomac (oh ! ce n’est rien, cela passera aussi) et que je me projette dans l’avenir. Un avenir si court !...Plus de projets, plus de rencontres, plus de conversations amicales.
J’ai déjà fait une croix sur tant de petits plaisirs ; je n’attends jamais qu’on me téléphone, c’est moi qui appelle si je souhaite des nouvelles. On ne pense pas à me dire ce qui va bien, ce qui va moins bien, je suis quelqu’un à l’écart de la vie, déjà. J’écoute les autres. Je sais écouter. Cela arrive quand on n’a plus rien à dire d’intéressant. Et c’est mon cas. Il ne se passe rien, sinon des broutilles. Allez encombrer les autres avec votre langueur soudaine ! Si vous vous y essayez, vous sentez l’impalpable ennui: on vous écoute distraitement. Enfermée dans mon troisième étage, j’aspire à respirer un peu d’été. Je ne fais plus de grandes promenades, je me fatigue vite. Et j’attends en silence qu’on me le propose tout en sachant que c’est en vain. Je n’ai pas d’amertume, un peu de chagrin passager. Alors, pour surmonter, j’écris. J’écris sur ce blog où des amitiés virtuelles sont nées peu à peu. C’est une manne, pour moi, ces petits mots gentils ou compréhensifs.
Et pour qu’on ne s’étonne pas de ce soudain accès de mélancolie, je vais vous dire mon âge. J’ai 86 ans et même si je ne les parais pas, c’est déjà très vieux !
PASSANTE
16 juin 2009
DANS MON SOMMEIL
Dans mon sommeil, ils sont revenus, mes amours, ma jeunesse, où je baladais mon bonheur en chantant.
Le réverbère du premier baiser et la brume sur mes cheveux de pluie, Toi déjà, ta beauté ténébreuse et mes 16 ans, dans mon rêve battaient si douloureusement dans ma poitrine !
Nous avions fait un saut dans un passé déformé et semblable. Tu me serrais contre toi, les trottoirs disloqués glissaient, tant de gens pressés ressemblaient à des ombres, où allions-nous dans ces rues hostiles, à contre-courant, essayant de ne pas nous perdre.
Je me suis éveillée déchirée. Je t’ai perdu pour toujours.
LORRAINE
03 juin 2009
BALLADE A REDU
Si vous ne connaissez pas Redu, il faut le découvrir. Imaginez au creux de l’Ardenne, un village où toutes les portes s’ouvrent sur des bouquins, des monceaux de bouquins, des bouquins rares et de vieux bouquins, sur l’Art, la Culture, la mode, l’éducation, mais aussi des romans, des quantités de romans, des bandes dessinées, bref des kilomètres de rayonnages pleins à craquer où l’on furète avec une ivresse non dissimulée.
Moi du moins. Vingt-deux bouquineries, quelle délicieuse joie de franchir leurs marches pour la plupart branlantes (ce sont d’anciennes maisons ardennaises) et d’enjamber un tas de livres pour accéder à une échelle qui monte vers Mauriac, Claudel, Nourrissier, Aragon, Eluard, Kipling, Musset, Sagan, Colette...tous les autres. A moins qu’ils soient étalés à portée de main sur des tréteaux, dans des pièces à encoignures bizarres, derrière des portes bloquées par un tas de revues qu’un curieux agenouillé feuillette.
Je cherchais « Le Petit Prince ». J’entre, je le demande à la dame distinguée derrière un bureau. Un peu hésitante quand même, comment le saurait-elle dans cette forêt de livres. Mais elle sait. Elle dit avec un sourire « Non, je regrette, je ne l’ai pas ». Je sors, je vais à la porte d’à côté : « Non, je ne l’ai plus, je l’ai vendu la semaine passée ». Perplexe, je pousse la porte vitrée d’une petite maison aux fenêtres fleuries. « Le Petit Prince ?...Attendez, je dois l’avoir... ». Et la bouquiniste va aussitôt vers l’arrière du magasin, se penche, me ramène un « Petit Prince » qui a très proprement passé des années je ne sais où et que j’emporte pour presque rien. ! Comme j’emporterai sur un coup de cœur sept autres livres auxquels je ne pensais absolument pas mais qui me font signe.
C’est cela, Redu. Un charme agit dès qu’on entre dans cette atmosphère qui sent le papier et un léger goût de poussière, où l’on va librement à son gré, où le libraire lit lui-même, ou tricote calmement derrière une petite table en attendant l’amateur. Certains viennent seulement au week-end, d’autres ouvrent l’après-midi, d’autres sont à demeure. Pâques est le week-end du livre et attire la foule. La « Nuit du Livre » au mois d’août ouvre les librairies de la nuit à l’aube, groupes et artistes de rues égayent le « Village du livre » qui depuis 1984, est devenu l’un des villages les plus visités de Belgique. Aujourd’hui, le « Village du Livre » de Redu accueille chaque année plus de 200.000 visiteurs venus du monde entier.
PASSANTE
19 mars 2009
LA MENAGERIE DE FLO

Je vous ai déjà présenté Florence, ma petite-fille. Jusqu'ici vous l'avez vue en jeans et anorak, ou au dressage avec son chien Athéna. Vous la connaissez courant, décoiffée, un peu boueuse quelquefois. La voici participant à un Marché de Noël à la Maison de repos où elle est adjointe à la Direction. Ce qui ne l'empêche pas d'accueillir les chiens de son frère Fabrice et de sa compagne, Audrey, qui allaient passer en amoureux la St Valentin. Voici donc, en plus d'Athéna, Tilou et Alizée, qui faisaient connaissance avec la dobberwomen de Flo, sans aucun problème paraît-il.
11 mars 2009
UNE HISTOIRE DE MANTEAU
Marie m’attend dans le salon tandis que je vais chercher mon manteau. Je suis pressée, je l’enfile à la hâte, je le boutonne....
- Il est joli, ce manteau, tu peux mettre une martingale, si tu veux.
- Une martingale ?
- Mais oui, regarde dans la doublure, elle est prévue...
Où ça? Moi, je n’ai rien remarqué. Mais Marie insiste :
- Ouvre ton manteau, tu verras...
Je déboutonne, j’entrouvre et je vois, en effet, cousue à l’intérieur du pan droit et ornée de deux boutons une petite martingale innocente qui me fait froncer les yeux :
- Mais... mais je ne l’avais pas remarquée, figure-toi, c’est curieux. Bon, on se dépêche.
Et je me reboutonne, enfin, j’essaie de me reboutonner, je noue d’abord ma grosse écharpe et...Ca lors, impossible de refermer mon manteau, l'écharpe m'en empêche ! Pourtant la dernière fois, elle entrait sans difficulté, je relevais le col et...Et je m’exclame :
- Mais ce n’est pas mon manteau !... D’où il vient ? Où est le mien ?...
Je me précipite dans la chambre, je me regarde. Mais non, il n’est pas à moi, ce manteau, même s’il me va bien. Voyons, voyons, quand l’ai-je mis pour la dernière fois ? Je réfléchis à toute allure: il y a dix jours, quand nous sommes allées au « Kwak » à quatre, avec Ghislaine, Chantal et Liliane. Quand nous avons quitté le restaurant, il y avait du monde, j’ai vite fourré ma main dans ma poche pour vérifier si mes clefs y étaient et rassurée, je suis partie avec les autres. Arrivée chez moi, j’ai constaté que ce n’étaient pas mes clefs, les miennes étaient dans mon sac. Alors, Chantal et moi sommes retournées rapporter ces clefs qui, sans doute, avaient été glissées dans ma poche par mégarde, les vêtements s’entassaient sur le portemanteau perroquet, une erreur est si vite arrivée !..
Et nous sommes rentrées. Et je n’ai plus remis ce manteau depuis lors. Et apparemment une pauvre dame n’a pas retrouvé le sien...à moins qu’elle n’ait enfilé le mien !... Les idées se bousculent, dix jours ont passé, elle m’a prise pour une voleuse, peut-être ? Peut-être l’émotion a-t-elle provoqué un malaise, peut-être s’est-elle demandé comment il se fait qu’on lui rende ses clefs de voiture et pas son manteau, et moi je me demande comment aucune de mes amies ni moi-même n’avons constaté l’échange involontaire ! Car il est beige, ce manteau, uni, bien coupé, bord à bord, marque italienne, taille 46 (je lui trouvais un peu de flou, j’ai du 44), manches raglan, deux ouvertures dans les coutures de côté, légèrement trapèze. Le mien est gris clair, croisé, grand col et revers à discrets carreaux, poignets retournés, coupe droite...Hum !..
Voilà pourquoi aujourd’hui, prenant à deux mains mon courage et le manteau, je suis allée restituer ce qui ne m’appartient pas...A mon grand soulagement, un des garçons est arrivé tenant le mien sur le bras :
- Je vous ai vues partir à quatre l‘autre fois, dit-il, j’ai remarqué votre manteau beige et j’ai dit à la cliente de ne pas s’inquiéter, que vous le rapporteriez. La cliente a laissé son numéro de téléphone. Rassurez-vous, je vais l’avertir.
Ma vue est bonne, je ne dois revoir l’oculiste qu’en juillet pour la visite annuelle. Certes, je suis daltonienne à ma façon, je confonds le vert pâle et le gris, le mauve et un certain bordeaux, soit. Mais beige et gris, ce n’est pas exactement la même chose, et pour que le vêtement tombe bien je dois attacher le croisement à l’intérieur...ici, il suffisait de boutonner. Au retour, je l’ai mis sur son cintre dans la penderie. Rien ne m’a alertée.
Alors, est-ce que je commence à perdre la tête ou (rassurez-moi !) suis-je simplement distraite ?...
PASSANTE
19 février 2009
PASSE LE TEMPS
Ce matin, je me suis éveillée en prononçant nettement « Le temps qui va ». Oui, je sais, c’est le titre d’une de mes rubriques ; mais avec une clarté lumineuse comme on en a quelquefois (et très rarement) au sortir du sommeil, c’était infiniment plus !
Non pas le banal récit d’un fait passé, non pas la notion commune du temps qui s’écoule, mais une vision plus globale, plus universelle, de ce « Temps » dont on ne sait rien et qui nous entraîne, envers et contre nous, là où il le veut sans qu’on en prenne conscience.
C’était tout à la fois les amis perdus à jamais simplement parce que les liens se sont relâchés, les minutes égarées à ne savoir que faire, les indolences acceptées, les journées sans répit dont le travail nous emmène dans son tourbillon, les mots qu’on a tus alors qu’il aurait fallu parler, et les mots qu’on a dits alors qu’il valait mieux se taire.
Le temps qui passe, c’était aussi une trame impalpable et ininterrompue, l’instant précis où je ressentais toutes ces impressions et la certitude que cet instant était déjà derrière moi. Le temps qui passe m’est soudain apparu comme un redoutable général nous faisant tous marcher à la baguette vers un destin inéluctable qui s’arrêterait quand bon lui semblerait. Malgré nos envies ou nos efforts.
Ce tableau d’ensemble avait une telle netteté que j’ai craint qu’il disparaisse si je bougeais seulement le petit doigt. Il me semblait vivre un moment privilégié et, en tous cas, hors du commun. Je l’ai gardé contre mon cœur le temps de l’écrire... Et je vous l‘offre.
PASSANTE
10 février 2009
PEIGNOIR, ROBE DE CHAMBRE, DéSHABILLE?..
Les déshabillés d’aujourd’hui sont avant tout confortables et assez simples. Nous avons oublié les "adriennes, contouches, camisoles, hollandaises" qui en furent les prémisses.
Devant la table du petit déjeuner, les dames de la noblesse s’attardaient longuement de crèpe de Chine, tulle plissé ou batiste brodée.
On lui prête aussi la mantille, que nous assimilons aujourd’hui à la longue écharpe noire du costume national espagnol. Le Littré de 1863 toutefois, rapporte :
L’académie dit que la mantille est un petit manteau qui servait autrefois )à l’habillement des femmes, mais on ne trouve nulle part la justification de cette définition ». Et plus loin : « Les étymologistes portugais le rattachent à l’arabe « mandilla », sorte de vêtement de femme »
Quoi qu’il en soi, ce vêtement parmi d’autres aida la femme à se mettre à l’aise en retirant ses jupes empesées. Mais il n’était pa question de quitter la maison dans une pareille tenue. En 1730, un certain I.G. Keybler de Vienne écrivait : « Au cours des deux dernières années, aucune dame n’a pu entrer à l’église en camisole ou en adrienne sans courir le risque de se voir jeter dehors » !..
LE CONFORT PAR PAYS
En France, les élégantes se complaisaient la matinée durant aux rites du « petit lever ». Enveloppées de dentelles assez révélatrices, elles recevaient amis, soupirants et même certains de leurs fournisseurs privilégiés. Au nom du sacré-saint confort, les Hollandaises échangèrent volontiers leur corset à baleines contre une « matinée » ou une tunique de velours aux amples emmanchures. Elles portaient en même temps une jupe souple, merveilleusement commode et des mules en soie ou en cuir fin.
Le record de l’extravagance dans le domaine des dentelles revient à l’Impératrice Eugénie : il fallut un an et demi et trente-six couturières pour lui confectionner une robe de réveil en dentelles d’Alen çon et de Chantilly. Une parure qui devait être léguée plus tard à l’église Nore-Dame de la Garde à Marseille..
ET LES MESSIEURS?
Eux aussi appréciaient la détente du soir. Mais les annales sont plus brèves les concernant. Il est dit que, rentré à la maison, Monsieur ôtait sa perruque qu’il remplaçait par un bonnet... Et il troquait sa veste contre un peignoir en soie et en brocart. En Angleterre, les gentlemen optaient pour une tenue indienne en soie, le Banyan, qui tenait à la fois du kimono et du kaftan
Ils ont bien changé...Et nous aussi, tout compte fait !
PASSANTE
Illustration: http://www.museopiraino.it (1770-1775 - contouche)
