Cahier du Soir

Au soir de ma vie, j'écris mes souvenirs, des réflexions, des rêves, des poésies.

27 novembre 2009

PORNOGRAPHIE

Le mot heurte comme un coup de boutoir. Il a fait l’objet cette semaine d’un reportage dans « Télémoustique » ; j’espère que les lecteurs le recevront comme un coup de poing dans l’estomac, car il dit ce qu’il faut en dire, et surtout il s’intitule : « Le porno s’invite chez les enfants ». Il est plus que temps que les adultes en prennent conscience.

Car vous ne soupçonnez pas, le plus souvent, que « les héros des enfants sont détournés sur le Net », explique le rédacteur. «  Or, dès 12 ans, les ados belges passent en moyenne deux à trois heures par jour sur Internet (…) Quand on effectue une recherche pour télécharger Harry Potter ou le dernier album de Mika, la pornographie est, presque toujours, au rendez-vous. Violente, explicite dès la page d’accueil ». L’enquête de Télémoustique est claire : «  58% des garçons et 45% des filles ont vu leur première image X entre 8 et 13 ans ». Pire : sur les jeux gratuits Barbie une fillette de 7 ans est tombée sur une image porno et la maman effondrée écrit : « Je ne sais toujours pas quoi lui dire et comment lui expliquer. Aidez-moi ! ».

Je ne peux m’empêcher de recommander la lecture de la revue aux parents inquiets, avec raison, de l’équilibre psychique de leur enfant. Je donne les coordonnées en bas de page.

Porno et violence : même origine

J’ajouterai mon propre commentaire. Pour moi, la violence et la porno sont étroitement liés. Je me souviens des premiers films à Bruxelles où, sous couvert de dévoiler les pratiques de la sorcellerie, les spectateurs assistaient à des tortures si épouvantables qu’ils en sortaient blêmes ou malades. Un cinéma avait même prévu des lieux de secours en dehors de la salle pour ranimer les évanouis ! J’étais horrifiée en passant devant les énormes affiches sanglantes. Une révolte montait en moi, impuissante, hélas ! Un de nos amis, plus jeune, s’était laissé tenter. Il me confia : « Quand tu vois ces flots de sang, ces langues arrachées, que tu entends ces hurlements, tu deviens un animal. Tu n’as plus qu’un besoin : te jeter sur la première fille qui passe pour calmer ton horreur ! »… Une horreur qui en entraine une autre...

Ce garçon normal, habituellement paisible, confirmait par cette phrase ce que j’ai toujours pensé, ce dont je suis absolument convaincue : la violence déchaine une sexualité débridée, sorte d’exutoire auquel certains résistent mais qui influence, sans aucun doute, les plus faibles. Nous sommes dans une civilisation où tout est permis. « Il est interdit d’interdire ! », donc autorisons. Autorisons les images, les photos, les films, les propos, les partouses, l’échangisme, les sites porno, Internet gavé de fesses et de seins, de fellations et j’en passe, bref, soyons cool puisqu’on est entre adultes ! Entre adultes ?

Et si on était devenus des bêtes ?...

PASSANTE

"Télémoustique" du 21 au 27 novembre – www.telemoustique.be

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20 novembre 2009

UNE CERTAINE APTITUDE AU BONHEUR...

 

blinkie20 Sommes-nous heureux par hasard ? Quelquefois je me le demande. Je  vois autour de moi des personnes acceptant les difficultés quotidiennes avec le sourire ; d’autres comblées financièrement, heureuses en amour, sont pourtant insatisfaites. Que leur manque-t-il ?

 Peut-être une certaine tournure d’esprit , ce brin de lucidité qui permet de reconnaître à la fois ses mérites et ses manques, le superflu et le nécessaire. Ce qu’on appelait autrefois un « examen de conscience » était une excellente discipline; elle nous obligeait à revenir sur nos erreurs, nos défauts et à en mesurer le poids.

 Aujourd’hui, il semble que chacun soit poussé dans le dos par un « besoin » de plus, de mieux, d’ "encore ". La société y est pour beaucoup. Un voyage ? Où voulez-vous aller ? A Hanoï? Non, à Rio de Janeiro ? Sur la Riviera peut-être ? Laissez-vous faire, voici les horizons vers lesquels vous vous envolerez.  Vous manquez d’argent ? Qu’à cela ne tienne…On vous en prête

 Et le bonheur dans tout cela ? On l’écrase sous le talon, sans se rendre compte qu’à force de vouloir « vivre » on cultive des envies toujours renouvelées. L’inquiétude s’installe sournoisement, l’angoisse tourneboule l’estomac et le simple bonheur au quotidien s’ anéantit. Car on a emprunté pour les vacances d’hiver, pour les vacances d’été, pour la rentrée des classes, pour un lifting, pour un appartement ultra-moderne, pour cette croisière tellement tentante, pour…Pourra-t-on payer  l’échéance ? 

 L‘aptitude au bonheur ne serait-elle pas, d’abord, de reconnaître ce superflu qui nous préoccupe et de le rayer de la liste ? De crever les mirages ? Oser se dire : "Mon salon est kitch ? Certes, mais c’est mon salon et je m’y plais. Il est plein de souvenirs. " Et qu’importe si des créateurs nous poussent à vivre dans les lofts  qu’ils aménageront pour un prix exorbitant ! Toute cette poudre aux yeux aveugle et est agencée par des aigrefins qui tireront profit de notre inconsciente vanité. Le « paraître » a tant d’importance aujourd’hui qu’on en oublie l’ "être ". Or, « être soi » , sans fioriture, sans chichi, est déjà gage de paix intérieure.

 Sans doute l’avidité inconsciente n’est-elle pas la seule ennemie du bonheur. Le caractère a aussi son mot à dire. Mais si on supprimait déjà la longue liste des « besoins » (qui ne sont finalement que des caprices !) comme on se sentirait soulagés !

 

PASSANTE

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04 novembre 2009

LES BARBELES DU TEMPS

 

Je suis prise dans les barbelés du temps ; Ils m’immobilisent chaque jour un peu plus. Et tandis que la vie me coince, me confronte à la fatigue, ma lucidité s’accroît. Je suis une loupe grossissante qui voit clairement vivre les autres. Ils sont prévenants et se réjouissent de mon enjouement. Ils ignorent l’effort que demandent les renoncements successifs.

 

- Non, je ne viendrai pas au théâtre. Tu sais, je me détache un peu… »

 

C’est faux. J’adore le théâtre. Mais mon corps regimbe à sortir l’hiver, à escalader les gradins en titubant un peu (il n’y a pas de rampe rassurante), à trouver son fauteuil au milieu d’une rangée de jambes alignées.

 

Voir l’exposition de Léonard de Vinci m’aurait comblée. Je suis une contemplative ; Mais la foule m’angoisse désormais et les longues stations debout m’épuisent. Alors, je renonce. Depuis plus d’un an, j’ai préparé un modeste recueil de poésies destiné aux miens quand je ne serai plus là. Je n’ai pas cherché d’éditeur, je ferai simplement relier des photocopies. Mais je ne puis y aller seule, je n’ai plus de voiture et j’ai renoncé au métro archi-bondé. Alors j’attends… Je sais bien qu’un jour viendra …mais quand ?

 

Je renonce à dire la vérité. A 40 ans, à 60 ans, à 70 ans on peut avouer « Aujourd’hui j’ai le cafard ». Cela arrive à tout le monde. Et tout le monde l’accepte. A 86 ans,les proches risquent de s’inquiéter. Donc on se tait. On craint de peser, d’être une charge. On répond allègrement : « Moi, je vais bien ». Les autres sont rassurés, c’est l’essentiel.

 

ET MAMAN, ?..

 

J’entends les échos de la vie active. Je me souviens de la mienne. J’ai des remords. Ai-je été suffisamment voir maman en son grand âge ? Elle habitait dans la maison de ma sœur, qui était femme au foyer. Cela me donnait bonne conscience. Et je travaillais beaucoup. Mais n’a-t-elle pas ressenti avec mélancolie que sa petite dernière la délaissait ? N’a-t-elle pas souhaité que je passe une après-midi entière avec elle à parler de nous, d’autrefois ? Jamais elle n’en a rien dit. Et pourtant !... Aujourd’hui je comprends qu’on peut espérer qu’un jour sa fille, pour rien, sans motif, vienne passer quelques heures pour bavarder. Parce que demain il sera trop tard.

 

Vieillir, c’est regarder par une fenêtre, voir ceux qui vont, qui viennent, agissent. Et accepter de n’être plus qu’une spectatrice. Nous ne jouons plus dans la cour des grands. Notre temps est passé. Nous sommes dans l’antichambre d’une autre vie et si nous taisons nos moments de spleen, c’est pour ne pas inquiéter les plus jeunes . Eux aussi ont leurs problèmes, tellement lourds à porter et si souvent difficiles à résoudre !

 

Je n’ai pas d' amertume. Je suis un témoin qui s’exprime. Et j’ai cette chance si précieuse : j’écris ! Donc, finalement, je ne suis jamais seule, même si j’en donne l’apparence : écrire me relie au reste du monde, non par le nombre de lecteurs mais par la pensée qui rejoint tous ceux qui, comme moi, voudraient « se dire » et ne peuvent le faire. C’est finalement une excellente thérapie.

 

 

 

PASSANTE

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15 septembre 2009

LE MONDE TOURNE SUR LUI-MÊME

   Il tourne. Il est rond, le monde. Donc, quand j’ai la tête en bas, des inconnus sont debout sur leurs jambes, ailleurs, très loin.

    blinkie27Normalement, je devrais décoller , m’envoler dans les airs, flâner dans un ciel d’orage, muser avec la pluie, ou encore obéir au vent qui souffle  et me pousse, me pousse. Comme des centaines de milliers de personnes qui, comme moi, occupent ce côté-ci de la terre.

     On se heurterait gentiment, on s’excuserait : « Pardon, je ne l’ai pas fait exprès », on rirait bien, on ferait des rencontres imprévisibles, un juge et son condamné, ou un travesti sans son pagne. On continuerait notre promenade, attendant que le monde se remette du bon côté.

    Et alors, hop,nous atterririons tous pour vaquer à nos occupations. L’un irait au bureau, l’autre reprendrait les commandes de sa locomotive, la jeune fille frétillante défilerait sur le podium en présentant la dernière mode,aladin_couple l’infirmière se saisirait de sa seringue, le malade reprendrait conscience, le politicien ses slogans, le journaliste ses faits divers, l’instituteur son enseignement et le cuisinier ses casseroles. Ces interludes nous permettraient des repos bienvenus ; un tapis volant m’entraînerait dans le sillage du maharadja, la petite Caroline qui ne parle à personne se retrouverait nez-à-nez avec l’intarissable commentateur de France 1 à qui elle se sentirait obligée de répondre ; le Prince Charles d’Angleterre  tenterait en vain d’assujettir la couronne sur ses cheveux gris, elle lui échapperait toujours, allez savoir pourquoi ; et Barak Obama prendrait un peu de repos entre deux décisions irrévocables.

    Oui, le monde tourne. Mais par je ne sais quel phénomène de gravité, nous restons où nous sommes et le laissons tourner...C’est dommage !

PASSANTE
 

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13 septembre 2009

MOI, JE CONTOURNE...

  

    Je ne sais si vous l’avez remarqué, mais nous sommes assaillis d’événements « incontournables » qui se suivent de week-end en week-end, si ce n’est de jour en jour. BJRCHTCAFEPour peu que vous soyez « branchés », vous ne savez plus où donner de la tête !

    Qui dit « incontournable » signifie «à ne rater sous aucun prétexte si on veut être à la page, dans le vent, à la pointe de l’actualité ». D’ailleurs, il y a certainement un mot « incontournable » que j’ignore pour définir cette obsession de ne rien rater... Vous irez donc de la «Passion campagnarde » où vous visiterez des potagers et caresserez des ânes, au «Festival» en décors recyclés consacré aux groupes de musique, sans oublier ailleurs la soirée au rythme blues à la soul et au funk. Il est tout aussi incontournable d’aller voir les chevriers, les fauconniers, les archers, j’en passe et non des moindres, qui se produisent dans leur province devenue médiévale pour un week-end ; et d’assister, bien entendu, à la course des garçons de café (parmi mille autre distractions) sur la Grand’Place à l’occasion de la Fête de l’Ilot Sacré et de la Fête du Folklore.  Notez bien tout : la Foire aux Potirons vous attend, elle aussi, plus de cent cinquante espèces tenteront de vous tenter...

    A Waterloo, veaux, vaches, cochons, couvées montreront l’agriculture moderne et s’il vous reste encore un peu de courage, vous ne raterezcanetons__www pour rien au monde le Festival pour la Tolérance (ceci pour affirmer bien haut que vous l’êtes, tolérant).

    Moi, je suis épuisée de contourner tout ce qu’on me propose, me limitant à ce qui m’attire vraiment.  Ceux pour qui le mot « incontournable » est une injonction magique sont épuisés d’assister,  voir, entendre, goûter, applaudir, « être là ».

    Car, finalement, c’est le but ultime : pouvoir dire « J’y étais »...Un snobisme comme un autre, dans une société où tout est basé sur le « paraître » et non plus sur l’ »être ».

PASSANTE

Photo:www.casafree.com

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11 août 2009

LUTTER CONTRE L'ILLETRISME

    Oui, pour  la plupart, ils sont allés à l’école et en sont ressortis aussi ignorants. Ils ne savent ni lire ni écrire, à peine compter. Ils sont parmi les premiers à vivre le chômage de plein fouet, et condamnés souvent à végéter toute leur vie.

    C’est notamment pour eux qu’Agnès (dont je vous ai déjà parlé dans « Hello ! Les tricoteuses ! »), travaille  comme bénévole dans un centre  social où elle fut salariée pendant vingt ans.

    - Je suis membre du secteur adultes, dit-elle, et je fais partie du « Réseau d’échanges de savoirs ». On s’inscrit, on dit ce qu’on sait faire et ce qu’on aimerait apprendre. On donne nos connaissances et notre temps gratuitement et en échange on reçoit gratuitement ce qu’on désire étudier.

    Donc, Agnès enseigne le français à tous les niveauxjaimelire et alphabétise les participants à ses cours. Elle souhaitait étudier l’anglais. Elle offre donc du « FLE » (Français langue étrangère) et reçoit des cours d’anglais.

    - Le professeur d’anglais (une Anglaise authentique et « vrai » professeur) reçoit, elle, de l’italien. C’est une chaîne de solidarité pour les savoirs. On peut offrir ou recevoir des cours de langue, d’informatique, de cuisine, de jardinage, de coiffure, etc.

    De plus, Agnès milite dans une autre association pour la promotion de la lecture et contre l’illettrisme par des actions ponctuelles.

    Il m’a semblé particulièrement intéressant de montrer comme le bénévolat débouche sur des horizons multiples, où chacun, en fin de compte, trouve et choisit ce qui lui convient.  Pour avoir été moi-même bénévole pendant sept ans, je témoigne du sentiment d’ »utilité » que l’on ressent à une époque où se termine la vie professionnelle et où l’on éprouve quelquefois le sentiment d’être « largués » ! Rien n’est plus positif que se sentir attendu, estimé, reconnu pour ce que l’on est.  Et, dans la formule qu’a choisi Agnès, de s’enrichir soi-même d‘un bagage de connaissances qui ouvrent de nouveaux horizons.

PASSANTE

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08 août 2009

PLUS DE 3.000 ANIMAUX PAR AN...


    Ils sont abandonnés, maltraités, trouvés, errants dans la campagne ou dans la rue ; ils sont maigres, malheureux, certains sont à bout de forces, quelques-uns seulement arrivent parce que leur maître ou leur maîtresse est décédé et que personne, dans l’entourage, ne peut les accueillir.

    Alors « Animaux en Péril » s’en charge – et d’autres associations similaires, sans aucun doute – et donne un toit, un abri, le boire et angorale manger  et les caresses qui rendront un peu d’espoir à ces chiens, ces chats, ces chèvres ou ces lapins, ces chevaux et animaux de ferme recueillis  dans le refuge qui leur est ouvert.

    J’ai visité ces refuges, je suis ressortie toute retournée d’émotion et d’admiration pour le travail accompli pour ces animaux sacrifiés par l’égoïsme humain ! Car trop de chatons, de chiots, sont achetés sur un coup de tête, par caprice, par fantaisie. Puis l’animal grandit, et il dérange. Il n’est pas une poupée immobile, il a son caractère, il a besoin d’un certain espace. Trop souvent, le maître, excédé, le met tout simplement à la rue...ou l’abandonne sur l’autoroute.

    Je voulaischien_chasse seulement le dire et inviter ceux qui habitent la Belgique à visiter « Animaux en Péril », leur magnifique chatterie, l’espace réservé aux chiens,  le travail des bénévoles  toujours présents , les soigneurs qui sortent les chiens dans les promenoirs extérieurs , etc. Vous pouvez aussi  devenir membre adhérent (13 euros annuels).  Si vous voulez être convaincus, voyez le site Web : www.animauxenpéril.be.

    Et voici l’adresse : « Animaux en Péril », chemin de la Praye, 15 – 1420 BRAINE-L’ALLEUD (Belgique)

PASSANTE

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08 mai 2009

SE COMPRENDRE...OU S'ACCEPTER?

   Lui, je l’ai certainement fait souffrir.Sans le vouloir. On ne passe pas une vie ensemble dans l’harmonie absolue, ni même dans une harmonie relative. La vague de passion des premiers mois, des premières années s’assagit peu à peu. Le rêve d’amour devient l’amour, tout simplement. Celui qui durera longtemps, toute la vie peut-être. Ou celui qui va s’effriter aux parois de l’habitude, des petits travers, des grandes incompréhensions.

    Moi, il m’a certainement fait souffrir. Sans le vouloir. Pour d’autres raisons, en d’autres circonstances, par d’autres mots ou d’autres attitudes. En fin de parcours, nous étions probablement à égalité. Et nous sommes restés ensemble...et heureux !

    Je vois des couples aujourd’hui partis dans l’euphorie _pous_efse défaire sans retour. Ils se sont déchirés. Ils en souffrent et pourtant ils se quittent. Pourquoi ? Ils croyaient « se comprendre ». Ils n’ont pas pu "s’accepter ».

IDEALISME OU REFUS DES REALITES ?

    Nous n’évoluons pas nécessairement au même rythme. Les personnalités s’affirment, les contrastes se marquent. je prends un exemple:

    Bruno et Françoise s’aiment depuis l’adolescence. Elle appréciait alors ses qualités et particulièrement :

    - Sa faculté d’écoute. Aujourd’hui elle en déduit qu’il est tout bonnement taiseux.

    - Son calme. Il la détendait. Maintenant elle y voit de l’indifférence.

    - Son humour. Mais ne cache-t-il pas simplement la pirouette d’un homme désabusé, qui tourne les choses en dérision pour en souffrir moins ?

    Les questions se posent. Lui aussi a évolué. Il ne la juge plus spontanée, mais irréfléchie. Aimant se confier à lui, mais bavarde. Débordante d’idées, mais fatigante. Ils n’ont pas cessé de s’aimer, mais la vie a influencé les visions de chacun et une certaine déception les trouble.

    - On ne se comprend plus, disent-ils. Il (ou elle) a changé.

    Pas vraiment. Il et elle étaient ce taiseux, cette irréfléchie, mais au début ils ne l’ont pas vu. Ces traits de caractère qu’on amène avec soi dans le couple, les corrigeront-ils ? Avec du bon sens, de la bonne volonté et sans acrimonie, dans une certaine mesure on peut adoucir ce qui inquiète ou énerve l’autre. Mais seulement quand il s’agit de « travers » et non de ces défauts brutaux qui tuent l’amour (violence, autoritarisme, tromperie sentimentale, et j’en passe).

    On ne peut tout apprécier chez l’autre. Nous ne sommes pas faits de la même pâte et aladin_couplel’on peut très bien ne pas « comprendre » l’engouement d’un mari pour la pêche à la ligne, l’aviron ou la collection de bricoles, mais l’accepter.  Et, en fin de compte, ce « taiseux » peut se montrer un excellent amphitryon dans les réunions amicales qu’elle aime et cette irréfléchie fera silence quand il se plongera dans ses lectures philosophiques sans dire un mot de toute la soirée.

    Certes, il faut à la base de l’amour et une dose d’intelligence. Se heurter pour avoir raison précipite les couples vers la rupture. S’accepter avec ses différences et ses affinités peut mener au bout du chemin.

    Un mot encore. Le coup de foudre essentiellement physique jette dans les bras l’un de l’autre des êtres qu’une attirance extrème aveugle. Ils ne s’inquiètent des traits de caractère que plus tard, au moment où ceux-ci s’expriment quelquefois à la stupeur effarée de l’autre. Eux aussi croyaient se comprendre...Il leur faudra apprendre à s’accepter » !

PASSANTE

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21 avril 2009

POURQUOI LE FEMINISME?

    J’ai là un petit livre « Le féminisme en Belgique » (1892-1914) écrit par la Baronne Pol Boël et C.Duchène et publié par les Editions du Conseil National des Femmes Belges (1955). Un petit livre qui ferait sourire si on ne lisait des phrases qui font froid dans le dos, comme par exemple, celle où Napoléon montre le fond de sa pensée :

    « Vous prétendriez à l’égalité ? Mais c’est folie : la femme est notre propriété, nous ne sommes pas la sienne ; car elle nous donne des enfants et l’homme ne lui en donne pas. Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruit est celle du jardinier. Il n’y a que le manque de jugement, des idées communes et à défaut d’éducation qui puissent porter une femme à se croire en tout l’égale de son mari. Il n’y a, du reste, rien de déshonorant dans la différence :jugendstil_mode_1 chacun a ses propriétés et ses obligations ; vos propriétés, mesdames, sont la beauté, les grâces, la séduction ; vos obligations, la dépendance et la soumission ».

    Voilà qui me fait grincer des dents. Même si je n’ai pas toujours apprécié les outrances du féminisme dans les années 70-80, je les comprends : le ras-le-bol a jailli comme bondit le couvercle d’une casserole soumis à trop forte pression. Car dans la seconde moitié du XIXè siècle, la femme mariée ne pouvait ni gagner de l’argent ni économiser pour elle, ni acheter, ni vendre, ni donner, ni recevoir sans la permission du mari. Elle est juridiquement incapable, comme le sont les mineurs et les « interdits » (c’est-à-dire ceux qui « se trouvent dans un état habituel d’imbécillité de démence ou de fureur » -article 489 du Code civil, précise la Baronne Boêl.

    Serait-ce tout ? Mais non, mais non. Le mari jouit véritablement d’un droit de vie et de mort sur sa femme, puisqu’il peut s’opposer à une intervention chirurgicale reconnue nécessaire par son état de santé. Elle doit le suivre partout où il plaît au seigneur de résider. Le quitter ? Voire ! Le mari peut faire saisir la fortune personnelle et  la faire réintégrer, par la force armée, le domicile conjugal.

    Bien, elle le trompera donc, car comment aimer un homme qui impose légalement sa loi ? Eh non ! car l’adultère de la femme est cause de divorce (ce qui serait un moindre mal dans certains cas), mais convaincue d’adultère, elle est condamnable à un emprisonnement de trois mois à deux ans. Et, s’il soupçonne une correspondance sentimentale, il a aussi le droit de lire les lettres destinées à l’épouse et même de les ouvrir avant elle sans autre forme de procès.

    Une telle situation allait inévitablement entraîner un mouvement de révolte. C’est le 12 décembre 1888 que naquit le « Mouvement féministe » en Belgique, grâce à Marie Popelin, la première femme belge à avoir fait des études complètes de droit. Sa décision, son caractère fort et son intelligence allaient peu à peu entraîner l’adhésion.

PASSANTE





 
 

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21 mars 2009

LA MODE ARRIVE. FEU!!!


    (J'ai écrit ce billet après avoir feuilleté un magazine de mode. Un modèle surtout m'a fait frémir. C'est une réaction à chaud!)

X


    Il faut innover, innover encore, aller plus loin, plus loufoque, plus absurde, plus décoiffant. Plus atroce.

    Atroce ? Vous vous étonnez. Cette sorte de robe en maille de verre imite pourtant l’homme bardé d’explosifs, non ? Ces doigts que le mannequin se fourre dans les oreilles, cette bouche affolée miment l’infernal éclatement, la mort déchiquetée, je ne me trompe pas ?

    Quelqu’un a inventé ce modèle, l’a porté en lui, l’a mûri. Quelqu’un qui se réjouit déjà du succès de son audace. Quelqu’un qui a perdu de vue ce qu’il est en train d’incarner : l’horreur vivante. Quelqu’un qui, dans l’extase de la création, a perdu ses repères, tendu vers un seul but inévitable et foudroyant : le succès, qui sur le podium, récompensera sa traduction du monde.

    Car, n’en doutons pas, la robe « Bombe » explosera sous les pplaudissements. La mode « Bombe » se rencontrera dans les salons, les galas, les lofts, les expos, les rallyes, les soirées branchées, les escaliers, les escales et les départs. On la portera noire pour tous les temps, verte pour faire glauque, rouge si l’humeur est à la fiesta et blanche pour les jeunes filles.

    Les coiffeurs vont s’emparer du rasoir. Qui n’a pas sa petite coupe militaire ? Et les perruques vont refleurir quand, lassées d’être soldates, les femmes viendront récupérer un air plus humain.

    Vous souhaitez parfaire la tenue ? De longs coliers de perle dégoulineront sur l’armure que, par coquetterie, vous porterez à claire-voie, laissant passer un bout de sein. J’allais dire : un bout de chair, c’est kif-kif.

    La mode arrive : vous êtes prêts ?

PASSANTE

 
 

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