28 septembre 2009
OCTOBRE EN PROVERBES
Le 4 octobre nous fêterons les François. On parle peu de lui dans les proverbes.
Tout au plus encourage-t-on les agriculteurs :
« A la Saint-François, on sème
Si l’on veut, et plus tôt même ».
Saint-Placide, le 5 octobre, se contente d’un constat :
« A la Saint-Placide
Le verger est vide ».
Mais le 9 octobre, Saint-Denis est plus bavard ! Il n’en est d’ailleurs pas à deux avis opposés !
« Beau temps à la St Denis 
pluie hiver pourri »
« S’il fait beau à la Saint-Denis
L’hiver sera bientôt fini ! »..
Faites votre choix ! Et pour autant que vous habitiez au bord de l’eau, prenez déjà vos précautions :
« S’il pleut à la Saint-Denis
La rivière sort neuf fois de son lit ».
Diable ! .. Et comme si ce n’était pas suffisant, il vous assène un complément :
« Le jour de la Saint-Denis
Le vent se marie à minuit ».
Je vous laisse méditer. Non sans vous souhaiter un mois d’octobre plein de douceur !
LORRAINE
09 juin 2009
LE MAS
Cette vieille maison dans ce haut paysage
Isolée et meurtrie comme d’un abandon
Cache son désarroi quadrillé de branchages
Et se souvient des gens, des mois et des saisons
La mémoire des murs a gardé le silence
Les portes éventrées gémissent sous le vent
Qui dévale vainqueur et dans sa véhémence
S’engouffre dans l’ajour du toit resté béant
Le coteau la soutient comme on aide une vieille
A se tenir debout le temps que Dieu voudra
Harponnée au versant parfois elle sommeille
Puis s’éveille en sursaut croyant entendre un pas
Serait-ce la Julie qui tant riait parfois
Ou le berger rentré dans son bruit de sonnailles ?
Non c’est la nuit qui vient et dit dans son patois
Qu’un jour on l’abattra et qu’on fera ripaille…
Alors de ses yeux clos la maison qui s’endort
Fait signe que c’est bien en attendant la mort
LORRAINE
18 janvier 2009
BONJOUR DIMANCHE!
A vous qui regardez paresseusement ce dimanche depuis votre fenêtre.
Le vent soufflait fort cette nuit, on l'entendait rugir contre la vitre, il frappait dru, il voulait entrer. J'ai dit "Nenni" mas il est resté, entêté et furieux, comme un amoureux éconduit.
J'ai levé un coin du rideau, il ricana encore plus fort et s'envola vers les nuages pressés qui couraient à toute voile. Je me suis endormie en rêvant de voyage et de retour. Milord enroulé sur lui-même, ouvrit un oeil dans son pelage, sans bouger, comme font les chats tranquilles sur le lit de leur maîtresse. Il referma cet oeil et ne fut plus qu'un ronronnement de douce connivence.
Et vint le matin.
PASSANTE
04 janvier 2009
VENT DE TEMPÊTE
Nuages chevauchant la cime des forêts,
Le vent enfourche l’heure et passe innocemment.
Il pleut sur l’horizon, et il pleut à jamais
Sur mon cœur alourdi qui bat nonchalamment.
La ligne du couchant comme un miroir obscur
Sombre dans le chaos de l’orage en délire
Le tonnerre aux mains nues écorche le futur
Et j’écoute la peur assurer son empire.
Les rideaux entrouverts sillonnent les murs gris
Un zig-zag éblouit la chambre illuminée
Sur la pointe des pieds la tempête s’enfuit
Et j’entends son écho, debout à la croisée.
LORRAINE

"Ciel noir sur Belledone" photo Brulama (Flikr)
