FIN D'AUTOMNE
Nous allons vers l’hiver. Il est donc bien fini
Cet automne cuivré dont les feuilles craquèlent
Sous le vieux marronnier lentement dégarni?
Les branches tourmentées tremblent et s’écartèlent
Le soir a pris d’assaut les maisons, les auberges,
Les avenues, les quais et le café du coin
Et la mélancolie soudainement submerge
Le passant attardé qui se presse soudain
Le parc obscur se tait enfermé tel un cloître
Sa grille vermoulue interdit aux passants
La brève promenade et l’on entend décroître
Des pas bruyants et secs martelés par le vent
L’horloge du clocher compte six coups furtifs
Qui ricochent dans l’air comme une extravagance
L’hiver viendra bietôt, blème et impératif
Alors qu’importent l’heure et sa brève éloquence?
Un très léger brouillard efface les contours
Des maisons accolées sur le trottoir en pente
Et je presse le pas tandis qu’aux alentours
La bise cingle et geint et pleure et se lamente...
LORRAINE
