SOIR D'ITALIE
En rangeant quelques papiers, j'ai découvert un ancien cahier dans lequel j'écrivais mes impressions de vacances. Comme il est loin ce temps! Et pourtant, je revois ce soir d'Italie dans toute sa douceur d'autrefois. Je ne résiste pas au plaisir de vous offrir ce souvenir d'un passé heureux!
XXX
Le soir descend sur la montagne. Alassio allume ses lanternes comme autant d’étoiles au tournant des ruelles. La vieille ville s’agite, bruyante, tapageuse, italienne infiniment ; les volubiles conversations des hommes adossés aux maisons se mêlent aux rires des dernier gamins attardés sur la place ou jaillit la fontaine.
La mer, là-bas, repose. Un promontoire la coupe en deux et les villas qui s’étagent à flanc de coteau ouvrent leurs terrasses sur la fraîcheur nocturne, parfumée de magnolias. Les pins parasols semblent de noirs fantômes, un chien aboie, une femme module « Sylvana-a-a... » ; la chatte siamoise, allongée sur l’escalier de pierre encore tiède, lèche avec amour deux batards tigrés aux yeux immenses.
Demain, la ville renaîtra au soleil et ses petits marchés accrocheront sous leur tente de toile les sacs de cuir ou de paille qui tentent les touristes ; mille colliers chatoyants, des bibelots de bazar, de beaux foulards, d’horibles vases surchargés de fleurs roses et bleues, des œuvres d’artisans – plateaux peints ou cendriers sculptés –des chapeaux de soleil et des cravates à la douzaine, captiveront le voyageur.
Il gardera la nostalgie de cette côte où les parfums se mêlent et se fondent en une harmonie si intense que le souvenir demeure, ébloui et impérissable.
LORRAINE
