Canalblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE CAHIER DU SOIR de LORRAINE
Publicité
LE CAHIER DU SOIR de LORRAINE
Publicité
LE CAHIER DU SOIR de LORRAINE
Visiteurs
Depuis la création 178 858
Newsletter
48 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité
17 décembre 2011

SANCTUS IMPROMPTUS

     (Cette semaine-là, la consigne des "Impromptus" nous enjoignait d'évoquer notre sainte patronne. Je la connaissais un peu. J'en parlai comme il se doit...vous verrez ci-dessous)

XXX

     Je n’ai jamais eu beaucoup d’échanges avec ma sainte patronne, même si fillette j’avais comme elle la grâce, le sourire, la charité, la douceur et l’amabilité. Mais ces indissociables qualités la menaient tout droit à la cuisine où elle épluchait,  délayait et mitonnait pour le plaisir de sa famille et de ses nombreux amis.

    Diable ! me dis-je quand j’eus connaissance de ces talents , suivre Ste Martheoses traces m’est impossible, je m’installe plus volontiers au pupitre qu’au fourneau, et je lis Baudelaire plutôt que les « Délicieuses recettes françaises ». Tant pis ! Nous avons donc vécu en parfaite ignorance l’une de l’autre . Jusqu’au jour où, préparant un voyage professionnel en Provence, je feuilletai des brochures historiques et folkloriques et la découvris soudain à l’aise, au bord du Rhône, exactement installée à Tarascon et régnant sur une église portant son nom ! Voilà qui changeait tout et  la changeait considérablement à mes yeux ! Ma cuisinière était devenue une héroïne !

     C’est elle qui, expulsée de sa Judée natale débarqua sur les rives du fleuve et  évangélisa la contrée. La population,  assez rébarbative,  lui mit le marché en main : « Détruisez la Tarasque et nous nous convertirons ». La Tarasque, un dragon qui jetait la terreur en surgissant brusquement dans le Rhône, ouvrait sa gueule toute grande et avalait ce qui lui tombait dedans. Ma sainte patronne ne recula guère, elle avança simplement le bras et, à l’aide du crucifix, coinça les mâchoires du monstre et l’enchaîna grâce à sa ceinture bleue. C’était il y a deux mille ans. Les Tarasconnais n’ont pas oublié, puisque chaque année en son honneur on ressort le dragon enchaîné et on le promène dans toute la ville, à grand renfort de musique, de danses, de cris et de pastis.

     Et puis, j’allai à la crypte et un étrange bien-être me pénétra ; je me remémorai cette vie de sainte dont je ne m’étais pas préoccupée, et dont tant de miracles, dit-on, confirmèrent la sainteté. Je repartis sur la pointe des pieds.

    Ah oui, je ne vous l’ai pas dit, je ne m’appelle pas Lorraine. Mon vrai prénom, c’est Marthe.

 

LORRAINE

Publicité
Commentaires
L
Tu ne t'appelles pas Quichottine non plus? C'est curieux, je m'en doutais...Et tu n'aimes pas la cuisine? Ca, je l'ignorais mais je le comprends...D'accord, si on se rencontre, nous irons au restaurant...pour parler, bien entendu!<br /> <br /> Bises, chère Quichottine, bonnes fêtes déjà. Elles passent tellement vite!
Répondre
Q
Quel joli moment !<br /> <br /> Bon, nous allons pouvoir nous serrer la main, et, si je te rencontre un jour, nous irons au restaurant, et nous parlerons poésie en oubliant de voir ce qu'il y aura dans nos assiettes... Tout va bien ! :)<br /> <br /> Que te journée soit douce, Lorraine. Je t'embrasse.
Répondre
L
Je vais te dire en secret qu'en plus, je suis modeste! Alors, tu comprendras que je sois pleine de confusion en lisant tes mots si gentils. Mais je suis par contre heureuse si j'ai pu quelquefois t'apporter un peu de réconfort quand la vie est difficile. Je t'embrasse, chère Praline.
Répondre
L
"Lorraine Dietrich"! Une marque de voiture! Tu m'en apprends, des choses! Dietrich fait aussi penser à Marlène Dietrich! Que tout cela est loin!Comme d'ailleurs cette littérature dont tu parles et que lisait ton grand-père. A l'école, quand il pleuvait pendant la récréation, on nous donnait à lire des "Vies de saints". Je me souviens que j'étais horrifiée par certains supplices....<br /> Bonne soirée, Latil.
Répondre
L
Eh oui, ma sainte patronne fut réprimandée par Jésus; elle demandait à sa soeur Marie de l'aider à la cuisine, il lui répondit: "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes de si peu de chose!"...J'appris ces paroles dès l'école primaire et ne les oubliai plus. Je ne dirai pas que c'est ce qui me détourna des fourneaux...j'ai simplement suivi mon penchant pour l'écriture, et je ne suis pas gourmande!Je t'embrasse aussi, chère Coumarine.
Répondre
Publicité