JEUDI
Jeudi marche d’un bon pas et sifflote gaillardement. N’est-il pas une sorte de crieur public qui rameute les distraits, les hésitants, les rêveurs, les oublieux, (chacun de nous, en somme!), plongés dans le travail professionnel ou familial mais qui ont néanmoins un petit rien, un détail, quelque chose à règler? Oui, mais quoi exactement?
“Mais c’est vrai! Je dois téléphoner à Julie, on se voit en principe samedi. Je devais confirmer, je l’appelle tout de suite...”
“Jeudi, déjà! Et mon rendez-vous chez le coiffeur, zut, pourvu qu’il ait encore une place demain soir...”
“Ah! Jeudi, quelle chance! Gérald vient me chercher au bureau, on ira chez le chinois et peut-être au cinéma”.
“Jeudi, plus qu’un jour et c’est samedi! Youpi!...”
“J’aime bien le jeudi, on pense déjà au week-end, on fait une liste de courses et on passe au Shopping. Le vendredi il y a trop de monde, c’est la course...”
Des commentaires désobligeants, Jeudi n’en connaît pas. Dans la file des jours, il est bon 4ème, se rappelant à nous avec discrétion et efficacité. Il n’a ni la lourdeur du lundi, ni l’agitation du samedi; posé, aimable, souriant, il nous souffle les rendez-vous à ne pas rater ou les rencontres à organiser dare-dare, il est un agenda à lui tout seul. Simplement parce qu’il annonce la fin de la semaine et qu’un reflexe acquis depuis toujours nous recentre ce jour-là sur les décisions soudain urgentes que nous avions négligées.

Bon Jeudi!
LORRAINE